Depuis une douzaine de jours, l'observatoire volcanologique enregistre tous les signes d'une reprise d'activité, qui s'est accélérée depuis quarante-huit heures. Pour autant, aucun élément ne permet pour l'instant d'envisager une nouvelle éruption dans un avenir immédiat.
Le piton de la Fournaise s'éveille

Le piton de la Fournaise reste fidèle à sa réputation de volcan parmi les plus actifs de la planète. Alors que le réseau de surveillance de l'observatoire rattaché à l'Institut de physique du globe de Paris n'enregistait qu'un silence absolu depuis la fin de l'éruption de janvier dernier, quelques séismes sont apparus il y a une douzaine de jours. Parallèlement, des déformations ont été observées, indiquant un gonflement du massif du volcan, grâce aux inclinomètres chargés de mesurer les variations de pente et aux extensomètres qui traquent les mouvements d'écartement de fissures.
Le piton de la Fournaise nous ayant gratifié de deux à trois éruptions chaque année depuis la fameuse "éruption du siècle" d'une durée de plus de six mois en 1998, on pourrait dire qu'il est en passe de remplir son contrat pour 2002. Pas de précipitation cependant : ainsi l'éruption du mois de janvier dernier n'est-elle survenue qu'au terme de plusieurs mois de suspense et d'alertes successives tour à tour levées.
Le seul motif de vigilance aujourd'hui repose sur l'augmentation du nombre des séismes enregistrés au cours des dernières quarante-huit heures, passé à une quinzaine d'événements quotidiens. Toutefois, soulignent les scientifiques, "leur magnitude reste très faible, puisque leur durée varie entre deux et quatre ou cinq secondes".
Le 5 janvier dernier, une éruption avait débuté dans l'enclos à 1850 m d'altitude, au pied du Nez coupé de Sainte-Rose. Dans une seconde phase, une semaine plus tard, le 12 janvier, la lave avait jailli à 1050 m d'altitude, à la limite du rempart de l'enclos du volcan. Les coulées atteignaient la route nationale 2 le surlendemain 14 janvier à midi avant de se jeter dans l'Océan quelques heures plus tard. L'augmentation de la sismicité laissant craindre l'ouverture de nouvelles fissures éruptives, hors enclos cette fois, le village de Bois-Blanc tout proche était évacué le 15. Mais le 16, au soulagement général, l'éruption s'achevait brutalement. On l'avait échappé belle.
F.M.-A.