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ARTICLE DU 15/01/02
Vingt-cinq ans exactement après son coup de colère resté dans toutes les mémoires, le piton de la Fournaise menace à nouveau la commune de Sainte-Rose.

Pour la première fois depuis 1986

La route, puis la mer


Si, hier encore, la plupart de ceux qui sont installés au pied du volcan affirmaient ne pas redouter un tel événement, le doute a fini par s'installer quand, dans la matinée d'hier, les autorités ont commencé à envisager l'évacuation des habitants de la région de Bois-Blanc.
Habitués à voir les flots de lave s'épancher sur ses pentes, les Réunionnais, qui n'ont pas assisté à une éruption hors enclos dans les zones habitées depuis celle de Saint-Philippe, en 1986, voient dans leur volcan une formidable occasion de spectacle avant tout.
Mais, il arrive que le piton de la Fournaise se fâche pour de bon et sorte de son enceinte naturelle de l'enclos où ses coulées restent habituellement confinées.
Il s'en prend alors aux hommes, qui n'ont pas hésité à coloniser son territoire, quitte à payer leur audace.
L'éruption du samedi 5 janvier 2002, précédée par plusieurs mois d'activité sismique déroutante, est de celles-là. Après un premier épisode dans l'enclos, à 1850 mètres d'altitude, au pied du Nez coupé de Sainte-Rose, une nouvelle fissure s'est ouverte une semaine plus tard, le samedi 12, à 1050 mètres d'altitude, dans le pied du rempart de Bois-Blanc, à l'est de la plaine des Osmondes, traduisant une progression souterraine du magma par des fissures se prolongeant vers l'extérieur de l'enclos. En moins de quarante-huit heures, les coulées ont avalé la route avant de se jeter à la mer, lundi 14 janvier. Et la progression des fissures vers l'aval, vers une altitude de plus en plus basse, semblait se
poursuivre hier, comme en témoignait l'activité sismisque enregistrée par l'observatoire volcanologique...

Photos René Laï-Yu , Valérie Koch, François Martel-Asselin et Sophie Boudet