ARTICLE DU 08/04/2001
Malgré le déploiement de militaires et de gendarmes dans l'enclos hier matin, et malgré les indications apportées par des médiums et radiesthésistes depuis Paris, Laurent Fortin, l'infirmier de 28 ans qui a disparu sur le site du volcan depuis dimanche dernier, reste introuvable.
Echec des recherches malgré les médiums...
Laurent Fortin reste introuvable

Difficile constat, hier, pour les quarante militaires du 2e RPIMa placés sous l'autorité de la compagnie de gendarmerie de Saint-Pierre, et de retour d'une vaste opération d'investigations dans l'enclos du piton de la Fournaise. Les recherches n'ont pas abouti et Laurent Fortin, infirmier de 28 ans, résidant à la Réunion depuis plus d'un an et dont on est sans nouvelle depuis dimanche dernier, est resté introuvable.
Vendredi déjà, les gendarmes du PGHM, du groupe peloton mobile de Saint-Benoît et des différentes brigades du Sud (Saint-Philippe, Saint-Joseph, Petite-Ile, Saint-Pierre et la Plaine-des-Cafres) avaient ratissé l'enclos et ses abords extérieurs, sans succès. L'espoir de le retrouver en vie s'amenuise au fil des jours.
Le jeune infirmier est célibataire, et sa famille proche est en métropole. Depuis Paris, son père a fait appel à trois médiums et radiesthésistes, qui ont œuvré à distance sur des cartes au 1/25e pour tenter de le repérer.
Le premier à avoir travaillé sur la disparition du jeune homme avait fait une description très précise de la situation dans laquelle il avait pressenti le disparu : réfugié sous des arbres, avec une jambe blessée, il aurait été survolé par un avion ou un hélicoptère et aurait brandi un bâton recouvert d'un linge pour tenter de se signaler, mais vainement. Le problème est que les versions différent avec l'intervention de deux autres médiums radiesthésistes, qui ne situent plus Laurent Fortin sous les branchages mais dans des rochers. Les gendarmes se devaient donc de vérifier chaque hypothèse et hier, ils se sont déployés dans l'enclos en deux équipes de vingt hommes, dont une avec le chien pisteur Loxen et son maître (du peloton canin de la Plaine-des-Cafres).
La première équipe s'est dirigée vers la zone boisée de la mare Saint-Jean, entre le piton de Bert et le Nez coupé du Tremblet, et la deuxième est descendue vers la gauche de l'enclos. Car il y avait également une autre piste probable que les militaires ont exploité : celle d'un pompier qui aurait aperçu le faisceau d'une lampe dans la nuit de mardi à mercredi, à la hauteur du Piton de Partage (pas sur la crête, mais plutôt cherchant à remonter).
Là aussi, la piste est plutôt incertaine. En effet, le photographe Serge Gélabert, qui a passé le début de soirée sur l'éruption, se trouvait sur le sentier du retour par le piton Kapor vers 20h mardi.
Selon ses indications, d'autres randonneurs le suivaient et remontaient dans cette direction. Il devait donc y avoir plusieurs lampes visibles à ce moment, quasiment à l'aplomb du piton de Partage. Quoiqu'il en soit, Loxen a flairé et pisté, dans la roche volcanique, mais n'a pu dénicher le moindre élément pouvant conforter les différentes thèses, ni même en évoquer une nouvelle.
Hier à midi, alors que le temps commençait à se couvrir, les recherches ont été interrompues. Le père de Laurent Fortin est attendu ce matin à Gillot. Il donnera peut-être de nouveaux éléments aux enquêteurs pour leur permettre de poursuivre leurs investigations.
Valérie Koch
