ARTICLE DU 31/03/2001
Ce sera dimanche à l'aube, à 5 heures du matin. La préfecture a décidé hier soir de rétablir l'accès au Piton de la Fournaise, le temps pour l'Office national des forêts de reconnaître et de baliser le sentier, identique à celui des éruptions de juin et octobre 2000
Repères
INFORMATIONS PRATIQUES
• Le Piton de la Fournaise en direct sur Internet : les images des caméras de l'observatoire volcanologique, mises en ligne par Météo-France sur le site de l'Institut de physique du Globe sur
• répondeur de l'observatoire volcanologique : 02.62.27.54.61.
• secours en montagne (gendarmerie) : 02.62.930.930.
• Urgence: composer le 112 sur votre téléphone portable. Même en cas d'occupation totale du répéteur, une ligne se dégage automatiquement lorsqu'un tel appel est composé.
Le point sur l'activité
L'éruption se poursuit à un peu plus de 2000 mètres d'altitude sur le flanc sud-est du volcan. Malgré la baisse progressive du trémor, on observait toujours des fontaines permanentes, hier, au niveau du cône qui a commencé à pendre forme mercredi. Les coulées, cependant, circulent désormais en tunnel ou en chenal profond à la sortie du cône, encore largement échancré, et ressortent plus loin à l'air libre. Elles sont invisibles depuis le point d'observation officiel aménagé hier. Des débordements réguliers se produisent.
Dans l'attente de la réouverture de l'enclos, on se pressait hier au pas de Bellecombe comme au parking du piton de Bert (départ du sentier vers un point de vue, à 4-5 heures de marche aller-retour), où se trouvaient en milieu de journée plusieurs dizaines de véhicules
L'ONF a entamé hier le balisage jusqu'au site de l'éruption
L'enclos ouvert au public demain

Invisible du pas de Bellecombe, au terminal de la route forestière du volcan, l'éruption qui a débuté mardi dernier va être enfin accessible aux randonneurs, par le même itinéraire déjà emprunté lors des deux dernières éruptions de juin et octobre 2000. Mais pas avant dimanche 1er avril, 5 heures du matin, a décidé hier soir la préfecture, au vu de la stabilisation de l'activité éruptive, et de la disparition, hier, des séismes superficiels encore enregistrés par l'observatoire les jours précédents.
Les marcheurs qui se sont rendus sur le site des dernières éruptions connaissent déjà le parcours : peu avant la Chapelle de Rosemont, il bifurque à droite en montant légèrement sur la base du cône terminal du volcan avant, une fois le flanc ouest contourné, de piquer vers le cratère Château-Fort. Ensuite, on rejoint la plate-forme d'observation déjà aménagée lors de l'éruption du piton Morgabim (octobre 2000).
A 500 m de distance
Il semble malheureusement qu'on ne puisse aller plus loin : la branche sud de la coulée de mardi n'est pas assez refroidie et sa traversée n'est pas prévue dans l'immédiat. Le balisage s'arrête donc là... à 500 mètres au moins de l'éruption actuelle, dont on peut voir toutefois les projections.
Attention, ce n'est pas la distance qui fait la difficulté de cette randonnée réservée à des marcheurs confirmés : cette quinzaine de kilomètres ne serait pas particulièrement pénible si ce n'était le terrain de scories dans lequel il faut évoluer, redoutable pour les néophytes. Lisez donc attentivement les panneaux d'information et suivez scrupuleusement le balisage mis en place par l'ONF, dont une équipe a passé hier une dure journée dans l'enclos. Il devrait être complété aujourd'hui.
La déshydratation survient vite et sans qu'on s'en aperçoive avec l'altitude et le vent. Boire donc souvent, dès le début de la marche. Mangez, ne vous contentez pas de friandises. Des aliments solides sont indispensables.
Bonne balade.
Equipez-vous correctement
Le Journal de l'île, à chaque éruption, ne manque pas de vous proposer des conseils pour randonner en toute sécurité. Ce genre de répétition ne nuit pas : si le volcan n'appartient pas au domaine de la haute montagne, terrain et météo peuvent se révéler franchement hostiles dès que l'on sort des sentiers battus.
Si, une fois l'enclos rouvert au public, vous avez l'intention de vous rendre sur le site de l'éruption qui a débuté mardi, ne partez pas les mains dans les poches. Comme en juin et octobre 2000, le chemin est long et hérissé de scories. Autant s'équiper en conséquences.
Munissez-vous d'abord d'un sac à dos de taille raisonnable (pas trop petit). Aucun sac n'étant totalement étanche, emballez toujours vos affaires pour éviter de retrouver vos habits de rechange trempés et votre nourriture transformée en soupe.
Pour l'habillement, nous recommandons :
pantalon, couvre-chef, véritables chaussures de marche, gants (genre jardinage au moins) et manches longues sont appréciables (en cas de chute). Des chaussures type sport, basses, seront très rapidement déchirées et favorisent le risque d'entorse. Vêtements chauds et imperméables indispensable. T-shirt de rechange.
Pour l'alimentation,
prévoyez de l'eau (deux grandes bouteilles par personne), alimentation (sandwiches, fruits frais et secs, chocolat...),
Pour l'équipement de sécurité
, emmenez éclairage (même si vous n'avez pas prévu de retour de nuit), couteau, petite pharmacie, crème solaire, couverture de survie.
Téléphone portable:
vraiment au cas où. SFR couvre la zone du volcan, mais très imparfaitement : une grande partie de l'enclos est dans "l'ombre", tout comme le côté sud du tour sommet ("tour des cratères"). Le sentier d'accès à l'éruption est pour sa part dans "l'ombre" dès qu'on atteint le flanc ouest du cône terminal, hors de vue du Piton de Partage, où se trouve le répéteur SFR.
Attention concernant Itinéris : l'opérateur avait annoncé la couverture de la zone du volcan "à partir de fin février 2001", or il semble que la zone n'a pas encore été équipée de répéteur selon les informations recueillies hier auprès d'Itinéris.
Voler au dessus du volcan
Différents moyens de transport sont à votre disposition pour profiter du spectacle : l'hélicoptère, l'ULM ou l'avion de tourisme. Hélilagon propose des vols directs à 1 100 F en journée (40 mn) et à 1 500 F la nuit tombée (45 mn). Pour l'instant, l'engouement est faible. "Peu de touristes sont présents sur l'île en ce moment et les locaux ont déjà eu leur dose", estime Pierrick Ferrec, chef pilote. Même son de cloche du côté d'Héliréunion qui organise aussi des vols directs, mais seulement à partir de 17h. Tarif : 1 080 F les 35 mn.
En revanche, les ULM ont la cote. Les pilotes de Félix ULM déclarent doubler leur nombre de rotations quotidiennes afin de faire face à l'afflux de demandes. Le vol dure une heure et il faut débourser la somme de 1 200 F, tout de même. Financièrement, le plus intéressant reste encore les avions privés. Les aéro-clubs n'ont pas le droit d'embarquer des passagers à titre commercial, mais il est possible de trouver des pilotes qui vous emmèneront à des prix très avantageux (autour de 1 000 F pour trois passagers). Si vous vous décidez, il y a ensuite la météo à prendre en compte : rien de plus frustrant que de s'envoler, de passer au large en raison de nuages inamicaux ... et de devoir payer à votre descente de l'appareil !
François Martel-Asselin, Ph. R.
