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ARTICLE DU 29/03/2001
A 2 000 mètres d'altitude, la lave jaillit toujours à flots dans l'enclos du Piton de la Fournaise. En bas, la coulée qui a atteint une altitude un peu inférieure à 500 mètres, semble pour l'instant stabilisée sur le long replat qui mène à la route nationale.
L'accès à l'enclos reste interdit au public.

REPÈRES
UNE SEULE FISSURE ACTIVE À 2 000 M D'ALTITUDE


Des cinq fissures apparues mardi sur le flanc sud-est du cratère Dolomieu, une seule fonctionne encore. Sa partie amont crachotait encore hier matin, un cône s'est formé immédiatement en contrebas, à un peu plus de 2 000 mètres d'altitude. Né très rapidement, à l'aube, fruit de l'accumulation des projections des fontaines de lave dont la hauteur, variable, est estimée à quelques dizaines de mètres, il est voisin immédiat du piton Morgabim (éruption du mois d'octobre), situé une centaine de mètres plus au sud.

* UNE SEULE COULÉE VERS LA ROUTE NATIONALE


Une seule coulée subsiste (contre deux mardi), au débit très soutenu en raison de la pente. Elle s'élargit au bout de quelques centaines de mètres, formant des îlots, avant d'attaquer les Grandes pentes, un toboggan à 40° d'inclinaison qui la propulse jusqu'à leurs pieds. Il ne semble pas que la coulée ait beaucoup progressé. Elle serait arrivée à 450-500 m d'altitude, soit à environ 1,8 km de la route nationale 2, ralentie par la diminution de pente et par la présence d'un important bois de filaos ! Elle ne devrait pas menacer la route, dans l'immédiat du moins, sauf donc éruption de très longue durée et maintien du débit actuel.

* ENCORE QUELQUES SÉISMES


Hier, le réseau de l'observatoire a enregistré encore plusieurs séismes superficiels, comme cela s'est déjà produit lors d'éruptions antérieures, alors que ces manifestations cessent normalement lorsque le magma s'évacue librement. Faut-il les attribuer à des réajustements dans la structure du volcan ? La question reste posée.


Deuxième journée d'éruption au Piton de la Fournaise

Les sondeurs de la Fournaise


Pas un chat au pas de Bellecombe hier. La cabine de WC portable judicieusement installée par crainte de l'affluence se morfond, solitaire. Dans l'après-midi, pour quatre véhicules de gendarmerie alignés devant l'enclos, pas plus de six voitures dans le parking d'habitude bien rempli, même en semaine ! Au point de départ du sentier du piton de Bert, sur le GR 2 qui mène également au Nez coupé du Tremblet, une quinzaine d'autres et au moins autant montant de la Plaine-des-Cafres, garnies de candidats à cette marche de 13 kilomètres pour admirer - de loin tout de même - l'éruption.
Autant dire que le volcan coule quasiment à huis clos, mis à part quelques cinéastes et scientifiques que nous avons retrouvés bien avant l'aube hier matin.

DE NOUVEAUX PRÉLÈVEMENTS AUJOURD'HUI


Au deuxième jour de l'éruption, une quinzaine d'heures après la sortie du magma, les prélèvements de lave se révèlent plutôt risqués : la vitesse de l'unique coulée restante, acquise avec la pente encore forte à la base du cône terminal du volcan, engendre périodiquement des débordements soudains et monstrueux qui ne laisseraient aucune chance à celui qui se tient sur le bord du chenal. La prise de température est impensable dans de telles conditions.
Aujourd'hui, l'observatoire doit renouveler ces opérations. Pour l'instant, les échantillons recueillis proviennent toujours du même "stock" de lave que recèle la Fournaise depuis l'éruption de 77. Pas de surprise donc, au regret des scientifiques qui attendent de la trouvaille d'une lave de constitution différente la confirmation éventuelle d'une réalimentation profonde du volcan qu'ils guettent depuis des années ! C'est pour cette raison qu'ils renouvellent régulièrement les prélèvements au cours d'une même éruption : elle peut faire appel à des zones de stockage du magma différentes. Ainsi l'éruption du cratère Fred-Hudson, le 12 mars 1998, au sud-ouest de l'enclos, passée relativement inaperçue pour cause de piton Kapor tout feu, tout flamme, a peut-être donné un avant-goût de ce que les chercheurs espèrent.
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* L'accès à l'enclos est toujours interdit. De ce fait, hier soir dans le Grand-Brûlé, sur la RN 2, il y avait encore foule pour admirer les coulées ... quand les nuages ne se mettaient pas de la partie.

Textes et photos : François Martel-Asselin