ARTICLE DU 26/03/2001
Une première série de séismes a été enregistrée tôt hier matin, suivie d'une véritable crise, la deuxième en trois semaines, dans l'après-midi. L'éruption pressentie continuait hier soir de se faire attendre, après le retour à un calme relatif.
UN MOIS DE CRISE DÉJÀ...
En raison des soubresauts qui l'agitent, avec des hauts et des bas, le piton de la Fournaise vit depuis bientôt un mois sous le régime des alertes successives et des restrictions d'accès à l'enclos.
Suivi depuis les premiers jours du mois de janvier, le réveil du volcan s'est manifesté avec de premiers signes sérieux à la fin du mois dernier: la préfecture a décrété la préalerte le 27 février.
Le 3 mars, l'alerte 1 était déclenchée, une crise sismique laissant présager une éruption imminente et l'enclos était évidemment fermé au public. Mais d'éruption, point ! Le 9 mars suivant, l'alerte 1 était levée tandis que l'interdiction d'accès était maintenue. Levée à son tour le 12, en même temps que la préalerte, cette dernière était néanmoins rétablie dès le lendemain 13 mars, en raison d'une réapparition de la sismicité ! Puis une seconde alerte 1 d'éruption imminente a donc été déclenchée en raison de la crise sismique d'hier...
Une deuxième crise a encore secoué le Piton de la Fournaise
Le volcan de nouveau en alerte 1

Hier après-midi, comme le samedi 3 mars - il y a tout juste trois semaines - on y a encore cru : à partir de 16h10, en une quarantaine de minutes, plus de 70 séismes ont déclenché les alarmes sous les yeux de Philippe Kowalski, de permanence en ce dimanche après-midi : "Cela a commencé à partir de 14 h, rapporte le directeur technique de l'observatoire volcanologique. Après une aumentation graduelle de la sismicité, les événements se sont enchaînés, assez superficiels puisque nous les avons localisés à environ 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Plusieurs ont atteint une magnitude de 1,6 - 1,7, puis la crise a ralenti peu à peu."
Aussitôt prévenue, la préfecture a déclenclé l'alerte 1 d'éruption imminente, qui signifie fermeture de l'enclos. Mais comme lors de la première alerte, l'heure tardive ne laissait pas craindre la présence de marcheurs dans l'enclos et il n'a été procédé à aucune évacuation. D'autant qu'au fil des minutes les séismes s'espaçaient... Même si ce n'est sans doute que partie remise.
Les scientifiques avaient de bonnes raisons d'envisager une éruption après la semaine qui vient de s'écouler. A une sismicité soutenue - au rythme moyen d'une trentaine de séismes quotidien - a succédé une étonnante modification de l'activité, vendredi : ils ont observé une soudaine migration des séismes jusqu'alors superficiels (entre le niveau de la mer et 500 mètres d'altitude) vers une zone plus profonde (entre 1 et 2 kilomètres sous le niveau de la mer). Du jamais vu au piton de la Fournaise. Puis, calme complet samedi...
PREMIÈRE ALERTE DIMANCHE MATIN
Pseudo-calme en réalité puisque entre 0h30 et 4h dimanche, 33 séismes profonds, toujours, se succédaient ... suivis de plusieurs heures de silence. Dans la matinée, un séisme, superficiel cette fois, de magnitude 1,7, était enregistré. Prélude sans doute à l'activité, superficielle encore, qui allait débuter dans l'après-midi et entraîner le déclenchement de l'alerte 1.
Vers 21h hier soir, une centaine de séismes avaient été comptabilisés pour la journée de dimanche. L'activité se poursuivait à un rythme encore régulier.
La localisation tantôt superficielle tantôt profonde des séismes laisse penser que plusieurs "étages" du système de stockage du magma du piton de la Fournaise sont actuellement mobilisés, avec peut-être une alimentation plus profonde qui vient déstabiliser les zones situées immédiatement sous le sommet du volcan. Mais il ne s'agit là que d'une hypothèse, vérifiable seulement à long terme.
La probabilité d'une éruption semblait s'imposer de plus en plus hier soir au yeux de l'observatoire volcanologique.
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* Alerte 1 en cours
François Martel-Asselin
