|
|
Piton de la Fournaise : Une éruption qui se fait attendre
Préalerte levée, accès à nouveau autorisé

Thomas Staudacher, directeur de l'observatoire volcanologique, comprend la gêne qu'a pu entraîner le déclenchement de l'alerte 1, le samedi 3 mars... surtout en l'absence d'éruption consécutive. Ce jour-là, alors que la préalerte avait été décidée par la préfecture le mardi précédent, une crise sismique débute dans l'après-midi. Comme le prévoient les procédures du plan de secours spécialisé éruptions volcaniques, l'enclos est aussitôt fermé au public, les services de l'État sont mobilisés pour faire face à une éruption annoncée comme imminente.
Las ! La crise sismique s'apaise au fil des heures, les séismes s'estompent au cours de la nuit suivante avant de disparaître. Calme plat au Piton de la Fournaise tandis que les scientifiques enchaînent les nuits de garde à l'observatoire et les gendarmes leurs piquets de veille au Pas de Bellecombe. Les touristes et les randonneurs, eux, doivent pendant tout ce temps se contenter de contempler le sommet du volcan puisque l'accès à l'enclos est interdit.
"C'est un peu comme la route du littoral : même si l'on ne peut jamais être sûr que des cailloux vont tomber, on s'en remet au principe de précaution et on bascule la circulation, commente le responsable de l'observatoire du volcan. Si ce n'est qu'au volcan, nous avions tout de même des signaux évidents, montrant que quelque chose se passait sous le piton de la Fournaise." À tel point que la crise passée, l'alerte 1 allait être maintenue plusieurs jours, jusqu'en fin de semaine dernière. Et la préfecture, malgré le retour au stade de simple préalerte vendredi, laissait en vigueur l'interdiction d'accès à l'enclos ... au cas où.
C'est hier seulement que la préalerte a été levée et l'accès à l'enclos rétabli, le calme considéré comme revenu.. Cette décision ne signifie pas pour autant qu'il ne se passe plus rien au piton de la Fournaise. Simplement, à une période de crise succède une période de répit dont on ne sait combien de temps elle peut durer. "Les signaux très forts transmis par les inclinomètres depuis la mi-janvier ne laissent aucun doute: nous avons assisté à deux épisodes importants de gonflement du volcan. Et pour ce qui concerne la sismicité, plusieurs éruptions se sont déclenchées ces dernières années avec des crises moins importantes que celle du samedi 3 mars", poursuit-on à l'observatoire.
On ne peut pas interdire l'accès au volcan dès qu'une crise couve et jusqu'à son aboutissement : plus d'une fois, dans les années 80, d'interminables périodes d'agitation auraient nécessité la fermeture du Pas de Bellecombe pendant plusieurs semaines d'affilée, abusivement.
Mais dimanche et hier encore, trois à quatre séismes quotidiens ont été enregistrés. Preuve que le volcan ne dort que d'un œil.
----------------
* Préalerte levée depuis lundi 16 heures. Accès autorisé.
François Martel-Asselin