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La fournaise en alerte, eruption imminente
Alerte rouge au volcan

Pas question d'entreprendre une randonnée au volcan aujourd'hui : depuis hier en fin d'après-midi, l'accès à l'enclos est fermé au public en raison de l'imminence possible d'une éruption à laquelle les scientifiques de l'observatoire se préparaient depuis une semaine en assurant une garde vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Pas de montée brutale de magma
Hier après-midi à 16 h 15 a débuté la crise qui allait justifier le passage en alerte 1, qui signifie "éruption imminente". En une trentaine de minutes, rapporte Thomas Staudacher, directeur de l'observatoire volcanologique, "nous avons enregistré une trentaine de petits séismes mais, progressivement, leur nombre a diminué entre 17 h et 17 h 30 où nous n'en avions plus que toutes les quatre à cinq minutes. Seul un a atteint une magnitude de 1,3 environ". A 18h45, pas loin de 70 séismes avaient déjà été décomptés pour la journée, contre une trentaine pour chaque jour de la semaine écoulée. Au fil des heures, malgré une baisse sensible, on atteignait encore pourtant une dizaine de séismes par heure en fin de soirée, preuve que le Piton de la Fournaise, s'il est assagi, risque fort de ne pas en rester sur cette crise passagère.
Pourquoi la crise d'hier n'a-t-elle pas débouché sur une éruption ? Les scientifiques notent en tout cas que les séismes n'ont pas été accompagnés de déformations brutales du sol comme il s'en produit lors d'une montée de magma. Le gonflement lent et continu du massif du volcan observé depuis le mois de janvier - lorsque le Piton de la Fournaise a commencé à montrer ses premiers signes d'agitation - n'a pas subi de coup de fouet hier, preuve que l'abcès n'était pas mûr.
Heureusement, lorsque l'alerte a été déclenchée, en fin d'après-midi, les derniers randonneurs sortaient de l'enclos. Les hommes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), embarqués à bord de l'hélicoptère Fennec de l'armée de l'air, n'ont vu personne sur le site lors de leur survol. Seules trois voitures stationnaient encore sur le parking du Pas de Bellecombe lors de leur passage. Une équipe de deux gendarmes venus en camion a matérialisé l'interdiction d'accès à l'enclos et a passé la nuit sur place; elle devait être complétée par une relève dans les heures suivantes.
Car la vigilance reste plus que jamais de mise.
François Martel-Asselin
