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ARTICLE DU 02/10/2001
L'observatoire volcanologique a enregistré ces derniers jours une augmentation du nombre des séismes. Depuis hier midi, les visiteurs du volcan sont invités à faire preuve de vigilance puisque tout laisse à penser qu'une nouvelle éruption se prépare, dans un délai encore impossible à préciser.

Bientôt la troisième éruption de l'année ?

Préalerte au piton de la Fournaise


Après son éruption du mois de mars et surtout celle du mois de juin, dont les coulées ont coupé de manière spectaculaire la route nationale 2, les 6 et 7 juillet derniers, le piton de la Fournaise reprend encore du service. Hier, la préfecture a décidé d'activer la phase de préalerte, synonyme de vigilance renforcée. Les scientifiques, pour leur part, assurent désormais une permanence vingt-quatre heures sur vingt-quatre à l'observatoire. Dès la fin août, les scientifiques chargés de la surveillance du piton de la Fournaise ont commencé à enregistrer une reprise progressive mais discrète de l'activité sismique. En fin de semaine dernière, le niveau de l'activité s'établissait autour d'une dizaine de séismes par jour tout au plus, selon Thomas Staudacher, directeur de l'observatoire.

Appel à la vigilance

C'est ce week-end que leur nombre a augmenté plus significativement, atteignant une vingtaine par jour et incitant à envisager un passage en préalerte, fixé hier à 12 h 30 par la préfecture. Les événements enregistrés par le réseau de sismomètres de l'observatoire restent modestes : ils sont localisés pour certains au niveau de la mer, de magnitude maximale 1,3. D'autres, de magnitude plus faible, sont localisés entre 0,6 et 1,6 km au-dessus du niveau de la mer, soit entre 2 et 1 km sous le sommet du volcan.
Autre paramètre apparu ce week-end : de légères déformations sur le flanc sud, qui laissent présumer des mouvements de matière à l'intérieur de l'édifice du piton de la Fournaise, mais à quelle profondeur ? Les scientifiques évoquent la possibilité de réajustements internes à moins que la présence d'une poche de magma relativement superficielle ne donne lieu à une éruption dans un délai relativement proche.
Selon l'observatoire, il est impossible d'en annoncer la date. Forts de leur expérience, les chercheurs savent que les prémices d'une crise peuvent se réduire à moins de quelques jours où durer plusieurs semaines : aucune règle n'existe qui permettrait d'assurer des "prédictions" fiables.
L'accès à l'enclos reste autorisé mais les randonneurs doivent faire preuve de vigilance et s'informer de la conduite à tenir en lisant les panneaux d'information mis en place par l'Office national des forêts au pas de Bellecombe. Avec deux éruptions en 1999, trois en 2000 et déjà deux en 2001, le piton de la Fournaise figure bien parmi les volcans les plus actifs de la planète.

François Martel-Asselin


LES PHASES D'ALERTE
- La préalerte correspond, aux termes du plan de secours spécialisé (PSS) éruptions volcaniques publié en 1992, à "une situation d'activité géophysique anormale". Cette situation peut se terminer par un retour à un niveau d'activité normal (préalerte levée), se maintenir pendant une période quelconque (de un jour à plusieurs semaines) ou déboucher sur une crise éruptive (on passe en alerte).
- Alerte n° 1 : éruption imminente. "L'observatoire détecte les signes d'une crise intrusive qui selon toute probabilité se traduira par une sortie de lave". L'accès à l'enclos devient interdit. En l'absence de sortie de la lave, il est possible de revenir en préalerte.
- Alerte n° 2 : éruption dans l'enclos.
- Alerte n° 3 : éruption hors enclos. "Cette étape traduit la détection d'activité vers les zones basses". Les communes de la côte sont averties du risque de coulées. Dernières en date : août 1998, mars 1986, avril 1977.