Retour...
ARTICLE DU 14/07/2001
Principal souci au centre des préoccupations des entreprises consultées par la DDE en vue de la réfection de la route nationale 2 dans le Grand-Brûlé : la chaleur qui couve sous les coulées du week-end dernier. Et si on les arrosait pour les refroidir ?

Comment s'en débarrasser ?

Casse-tête pour les entreprises chargées de rétablir la route sur les coulées


Ils étaient bien perplexes, jeudi matin, ces deux responsables d'une entreprise de travaux publics accourus sur le site. Après avoir reçu, mercredi après-midi, par fax, le cahier des charges défini par la Direction départementale de l'Equipement, ils se demandaient dans quelles conditions ils allaient pouvoir venir à bout de l'épineux cas qui leur était soumis. La DDE, procédure d'urgence oblige, a en effet adressé à une poignée de sociétés, avec lesquelles elle a l'habitude de traiter, l'énoncé du problème. Charge à elles de proposer des solutions ... et de les chiffrer. Une gageure en raison des inconnues liées à ce type de chantier peu banal et dont aucune ne peut se vanter d'avoir vraiment l'expérience !
Principal obstacle évoqué : la chaleur, qui frappe d'emblée tout visiteur. Aucun chef de chantier n'a envie de voir les pneus des engins exploser ou les vapeurs de gazole échappées des engins s'enflammer spontanément... Sous leur aspect bonhomme, les gratons solifiés cachent une âme dont la température est estimée à 800-900° au cœur de la coulée, encore rougeoyante à quelques centimètres de la surface (notre édition d'hier).

Ne pas se tromper dans les calculs


A l'observatoire volcanologique, deux étudiants en sciences et vie de la Terre ont résolu le problème à leur façon : au terme d'un rapide calcul prenant en compte les paramètres indispensables (volume, température, vaporisation...), ils ont joyeusement établi qu'il suffirait de déverser environ 1500 mètres cubes d'eau sur chacune des deux coulées pour les refroidir, en pompant dans l'Océan, distant de 7 à 800 mètres... Pas pratique tout de même !
Plus sérieusement, il s'agit de ne pas se tromper en évaluant l'ampleur du travail de remise en état de la route. Toute erreur coûterait très cher. Calculette en mains, on peut gamberger sur le volume de matériaux à évacuer. Deux coulées de 4 mètres d'épaisseur moyenne, sur 80 et 100 m de longueur de route pour une emprise de 10 mètres, cela nous ferait 7 200 mètres cubes. La densité des scories avoisinant 2, on arrive à environ 14 000 tonnes... Le nombre de rotations de camions-bennes nécessaire donne déjà le vertige !
Mais il est peu probable qu'on pousse le souci jusqu'à creuser pour atteindre le niveau antérieur de la RN 2, la DDE ayant donné pour objectif de réaliser dans un premier temps une réfection propre à permettre le passage des véhicules dans des conditions acceptables, avec un revêtement provisoire type bicouche. L'économie devrait être sensible, dans l'attente de travaux d'envergure, une fois le sol refroidi et stabilisé.
Les entreprises intéressées par ce chantier devraient rendre leur copie dans la semaine à venir. Selon le prévisionnel, les travaux pourraient commencer dès la semaine suivante pour être achevés avant la fin du mois de juillet.
Si vous voulez voir ces coulées exceptionnelles dans l'histoire du piton de la Fournaise, puisqu'il ne s'en produit guère que tous les dix ou quinze ans en moyenne, ne perdez donc pas de temps. Dans deux semaines, il risque d'être trop tard.

François Martel-Asselin


La préalerte levée

Après la fin de l'éruption du 11 juin, samedi dernier, au terme de 27 jours d'activité, l'accès à l'enclos du volcan avait été à nouveau autorisé, dès lundi, en raison de la quasi-disparition de la sismicité. Hier, c'est la préalerte qui a été levée à son tour, le réseau de surveillance de l'observatoire volcanologique n'enregistrant plus aucun signe suspect.