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ARTICLE DU 08/07/2001
Partagé entre la déception de n'avoir pu admirer la lave en action et la satisfaction de pouvoir quand même contempler le mur fumant de très près, le public est venu hier de toute l'île (et même d'ailleurs) honorer la coulée 2001. Et d'un avis général, le spectacle, accessible au terme d'une heure à une heure et demie de marche, reste impressionnant.

Une émotion mitigée

Saint-Philippe : La coulée 2001 sur la RN2 enfin accessible au grand public


Les premiers impatients étaient arrivés à 7h30 hier matin devant le barrage du Tremblet (peu après la ravine Citron-Galet, à la hauteur de la coulée de 1986), prenant leur mal en patience et espérant une levée prématurée de l'interdiction d'accès. Mais leurs espoirs se sont réduits comme peau de chagrin alors que les montres égrenaient de longues minutes, et les transformaient en heures interminables. Midi, rien. Midi trente, toujours rien. Enfin, alors que la pression commençait à monter dans la foule, à treize heures, les gendarmes de faction reçoivent l'appel libérateur de la préfecture et ouvrent les barrières.

"Nout volcan lé là ! Ça lé a nou !"

Sauvés ! Pas question toutefois d'y aller autrement qu'à pied ou en vélo. Mais les six kilomètres qui les séparent du mur de lave n'effraient pas les spectateurs et tous s'engagent joyeusement sur le bitume. Le cordon de marcheurs s'étire selon le rythme de chacun et lorsque les premiers arrivent sur le site, au terme d'une heure de marche, ils ne peuvent s'empêcher d'être époustouflés par le volume qui se dresse devant eux. "Nous sommes tous un peu déçus de ne pas avoir pu accéder au spectacle de la traversée de la lave vendredi, mais c'est impressionnant de la voir de si près, même refroidie. Le spectacle vaut quand même le coup de la marche".

De Bolivie

Encore cinq minutes d'hésitation et c'est aux cris de "Nout volcan lé là ! Ça lé a nou !" que les plus téméraires franchissent la dernière barrière et les trois mètres qui les séparent de la lave fumante. Plus rien ne retient ceux qui arrivent derrière, à pied, à vélo ou encore en trottinette. Enfin, ils peuvent approcher la bête et toucher ses gros gratons refroidis. En décrocher quelques morceaux même, pour pouvoir les brandir et annoncer : "J'y étais ! C'est la coulée qui a traversé la route en 2001". Mais les quelques flammes encore actives ça et là, et la chaleur qui émane quand même de l'intérieur de la masse, les dissuadent de s'essayer à l'escalade du monstre. Heureusement, car les gratons, ça roule. Alors on s'enfonce et dessous, ça brûle!
La rotation entre les arrivants pour l'accès direct à lave se faisaient hier très naturellement, par petits groupes d'une trentaine de personnes, tandis que ceux repus du spectacle s'installaient sur les bas côtés herbeux pour une pause réparatrice, avant de prendre le chemin du retour. Ainsi, il n'y avait sur site que 100 à 150 personnes, touristes ou Réunionnais, parmi lesquels des Mauriciens, des Allemands et même une jeune fille arrivée tout droit de Bolivie. Le reste de la troupe (c'est-à-dire plusieurs centaines de visiteurs) se répartissait à l'aller et au retour sur les six kilomètres de route.
Prenant le relais de la DDE, les pompiers de Saint-Philippe ont veillé au grain tout l'après-midi, et hier soir, une dizaine de militaires du 2e RPIMa sont venus leur prêter main-forte.
Les automobilistes étaient fort nombreux à se diriger vers le Tremblet hier en début de soirée, mais a priori, en dehors des coulées actives en altitude et visibles par beau temps, mieux vaut se rendre sur la coulée de la RN2 en journée pour contempler et photographier la masse de lave figée dans de bonnes conditions.