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ARTICLE DU 07/07/2001



Gendarmerie et DDE donnent l'alerte


La progression de la coulée issue du piton Madoré était sous surveillance rapprochée depuis lundi dans le Sud. Mais le branle-bas de combat a été déclenché hier matin à 7 h 30. Le gendarme Dubois, adjoint au commandant de la brigade de Sainte-Rose fait sa tournée matinale habituelle, un œil toujours tourné du côté des pentes du volcan. Arrivé aux frontières sud de sa commune, il remarque une fumée proche de la route nationale dans la forêt du Grand-Brûlé et s'aperçoit que le front de lave n'est plus qu'à environ 400 mètres de la route. Il en réfère aussitôt à sa hiérarchie.
De leur côté, les agents de la DDE de Saint-Benoît entreprennent eux aussi leur tournée quotidienne. "Depuis que la lave coule, nous surveillons ce site plus précisément", explique Leu Manglou. "Et vers 9 h 30, quand l'équipe est arrivée à la borne Hubert-Delisle qui marque la limite des communes de Saint-Philippe et de Sainte-Rose, ils se sont rendu compte que la coulée était très proche".
L'équipe de Saint-Pierre qui arrivait dans l'autre sens fait également les mêmes constatations. L'alerte est alors donnée pour couper l'accès à la route nationale, environ six kilomètres avant la zone sensible de chaque côté.
L'ONF de Saint-Philippe prépare le terrain et démonte les panneaux indicateurs qui se trouvent sur l'axe de la coulée ! Toutes les brigades de gendarmerie du Sud et de l'Est sont mobilisées et, avec l'aide de la DDE, un cordon de protection se met rapidement en place. Et vers 15 h 30, lorsque la lave attaque le bitume sous les yeux de quelques privilégiés, le public est largement tenu à l'écart sur ordre préfectoral et ne peut assister au spectacle. Une situation qui, on s'en doute, excède la population. Notamment du côté du Tremblet à Saint-Philippe, où les riverains ne peuvent que se ronger les sangs sous la pluie, et attendre derrière les barrières mises en place une éventuelle mais bien improbable levée de l'interdiction. Pas moyen d'accéder à la coulée, même à pied. Dans la nuit, un escadron de gendarmes mobiles devait d'ailleurs renforcer le dispositif de protection et de surveillance installé au Tremblet, à proximité de la coulée de 1986. Hier, le spectacle était donc à huis clos.

Valérie Koch