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ARTICLE DU 06/07/2001
L'observatoire volcanologique n'a enregistré aucune relâche depuis l'augmentation de la sismicité qui a justifié la fermeture de l'enclos au public, mercredi. Cette situation, selon une hypothèse envisagée depuis hier, pourrait préfigurer un effondrement comme le cratère Dolomieu en avait été le théâtre à la fin de l'éruption de mars 1986.

Le niveau de sismicité reste élevé

Le cratère Dolomieu peut-il s'effondrer?

Entré lundi dans sa quatrième semaine d'éruption, le piton de la Fournaise a commencé à manifester des signes d'agitation le lendemain. 23 séismes ont été enregistrés mardi, un phénomène généralement inhabituel lorsque la lave s'écoule sans obstacle. En l'absence de déformations liées à une possible nouvelle montée de magma, l'observatoire penchait pour une explication liée à des réajustements internes dans l'édifice du volcan.
Mais la sismicité s'est accrue depuis, tandis que le trémor lié à l'éruption continuait à augmenter. Le réseau de surveillance a enregistré 51 séismes mardi, puis 92 mercredi.

UN ÉVÈNEMENT VIOLENT

Hier, un niveau au moins identique devait être atteint, selon les scientifiques, toujours avec des magnitudes considérées comme importante pour le Piton de la Fournaise, puisque mercredi une dizaine de séismes présentaient une magnitude proche de 2 ou même supérieure et, hier vers 16h, un séisme d'une durée d'une minute a été observé.
Même s'il ne s'agit que d'une hypothèse fondée entre autres sur l'analyse des séismes - et leur fréquence notamment - ils se livrent à un rapprochement avec la phase finale de l'éruption hors enclos de Saint-Philippe, en mars 1986, qui avait donné naissance à la pointe de la Table dans sa configuration actuelle en agrandissant l'île de plus de 25 hectares.
"Les séismes localisés jusqu'à présent se situent sous le Dolomieu au niveau de la mer, rapporte Thomas Staudacher, responsable de l'observatoire. On remarque que cette crise ressemble à la crise sismique de 1986, avant la formation d'un "pit crater" un cratère puits
dans le Dolomieu. Une crise avec plusieurs centaines de séismes en 24 heures et des hypocentres identiques s'était terminée par un effondrement qui avait entraîné la formation d'un cratère parfaitement cylindrique de 200 m de diamètre et de 100 m de profondeur, dans la partie est du Dolomieu."
C'est à cause de la vidange des réservoirs magmatiques, drainés par le bas lors de l'éruption du piton de Takamaka (1000 m d'altitude) puis par celle de la pointe de la table (30 m d'altitude, en aval de la RN 2, à Ilet-aux-Palmistes) qu'une partie du sommet, devenu creux, se serait effondrée.

L'ATTENTE CONTINUE À L'OBSERVATOIRE

Sommes-nous en train d'assister à un phénomène identique ? L'observatoire, sans l'affirmer, souligne en tout cas que des quantités de magma non négligeables ont été émises au cours des éruptions de ces dernières années.
"Lors de cet effondrement, rappelle encore Thomas Staudacher, des blocs ont été projetés sur une surface d'environ 1000 m sur 500 m dans la partie est du cratère Dolomieu et sur ses pourtours et une couche de poussière de roches broyées avait recouvert une partie du sommet du volcan." Un événement particulièrement violent dont heureusement personne n'a été le témoin puisqu'il s'est déroulé en pleine nuit. Une chance... Ce puits avait été comblé dès la fin de la même année par les éruptions successives à l'intérieur du cratère Dolomieu.
L'observatoire volcanologique restait hier soir dans l'expectative alors qu'il continuait d'enregistrer une dizaine de séismes par heure.
François Martel-Asselin