ARTICLE DU 03/07/2001
Les coulées du volcan à nouveau visibles dans le Grand-Brûlé

A la faveur du beau temps enfin revenu hier matin après huit jours de pluie et de brouillard conjugués, l'observatoire volcanologique a pu survoler le volcan alors que commençait une quatrième semaine d'éruption. Confirmant des repérages des gendarmes de Sainte-Rose, les scientifiques ont pu noter la récente progression de nouvelles coulées dans les Grandes pentes. Elles avaient atteint hier matin l'altitude de 500 mètres contre 350 mètres pour les coulées du 11 juin, aujourd'hui bien figées. A 200 mètres au nord de ces dernières (voir la photo ci-dessus) deux langues, dont l'une au front bien actif, ont pris une direction est-nord-est.
Au niveau du piton Madoré, à 1800 mètres d'altitude, seul le cône amont semble désormais vraiment en activité. Il présente un cratère aux parois très raides dans lequel bouillonne un lac de lave d'où jaillissent des projections, toutes les dix à quinze secondes.
Pour prélever des échantillons de lave, les scientifiques ont dû se faire déposer un kilomètre en aval de l'éruption environ. Dans cette zone s'épanchent des dizaines de petites coulées acheminées par des tunnels qui s'ouvrent ensuite plus largement à l'air libre sous la pression de la lave dès les Grandes pentes atteintes.
Les coulées sont donc en principe à nouveau visibles depuis la route nationale 2 pour peu que le plafond nuageux ne soit pas trop bas. Le spectacle devrait être assuré tant que le débit reste suffisamment important, ce qui semble être le cas depuis une dizaine de jours où le trémor est resté stable et après le regain d'activité observé dimanche matin durant quelques heures (notre édition d'hier), lié à un fort dégazage.
Néanmoins, comme lors des éruptions de juin et octobre 2000 puis de mars 2001, les coulées ne devraient plus énormément progresser ensuite en raison de l'atténuation de la déclivité.
F. M.-A.
Les coulées qui fument sont celles du 11 juin, figées mais encores chaudes, saturées d'eau qui s'évapore après les pluies récentes: elles longent celles plus larges, toutes noires, de l'éruption du 27 mars.
Les autres coulées visibles en arrière-plan
sont les coulées actives actuellement.
Au fond : le piton de Crac et le rempart de Bois-Blanc. En haut à gauche, dans les nuages : le cône terminal du piton de la Fournaise avec le piton Madoré que l'on devine à ses pieds
(photo Observatoire volcanologique).