ARTICLE DU 23/06/2001
Alors que toute observation visuelle était impossible depuis plusieurs jours en raison du mauvais temps qui a sévi sur l'enclos, l'observatoire volcanologique a enregistré au cours de la nuit de jeudi à vendredi une forte augmentation du trémor de l'éruption.
Une forte augmentation du trémor
Le sommet du piton de la Fournaise s'est tout à coup dégagé hier en milieu d'après-midi alors que pluie et brouillard sévissaient comme les jours précédents. Météo-France s'annonce bien un peu moins pessimiste pour aujourd'hui, mais hier encore une pluie continue s'abattait sur le Grand-Brûlé, la Plaine-des-Palmistes et sur une partie du massif, alors...
Aussi reste-t-on sans nouvelles du terrain, sauf le témoignage de quelques audacieux qui se sont risqués à approcher l'éruption en se glissant entre les gouttes. Hier soir, certains avaient même prévu de passer la nuit sur place ... pour se réchauffer ? Toujours est-il qu'après avoir beaucoup fluctué depuis une semaine, s'orientant globalement à la baisse, le trémor a augmenté fortement au cours de la nuit de jeudi à vendredi, d'un facteur trois à quatre, sans qu'on puisse savoir toutefois si l'activité visible en a pour autant été modifiée.
6 à 8 heures aller-retour
Deux séismes de magnitude 2 ont été enregistrés cette semaine, lundi et mardi, localisés sous le sommet et à environ 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. L'observatoire a noté que cette sismicité n'a eu aucune influence sur le trémor et semblait indépendante de l'éruption en cours. Depuis, aucun autre de ce type ne s'est produit.
L'augmentation du trémor survenue jeudi soir n'a été accompagnée d'aucun séisme et aucune déformation n'y a été associée.
L'enclos, ouvert au public depuis mardi, devrait accueillir un peu plus de monde aujourd'hui si le temps le permet. Un rappel des consignes de prudence n'est sans doute pas inutile.
Evitez de vous engager dans l'enclos si la météo paraît trop incertaine. Equipez-vous correctement pour vous protéger des intempéries et du froid. Lampe, eau, nourriture, pantalon et gants pour vous prémunir du risque de chute sont un minimum.
Lisez attentivement les conseils affichés par l'ONF au pas de Bellecombe et sur les panneaux disposés le long du parcours vers l'éruption. Enfin, ne vous écartez pas du balisage : si le brouillard arrive, vous risquez de ne pas le retrouver.
Sachez que le parcours aller-retour, tracé dans un terrain difficile, nécessite de 6 à 8 heures, le retour s'effectuant en montée avec la fatigue de l'aller dans les jambes.
F. M.-A.