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ARTICLE DU 21/06/01
Une randonnée sur le site de l'éruption a failli mal tourner hier pour un groupe de marcheurs originaires de Sainte-Suzanne. Partis hier matin sous un ciel déjà incertain, ils ont dû affronter ensuite des conditions météo qui ont empiré au fil des heures, brouillard, pluie et vent régnant en maîtres dans l'enclos du piton de la Fournaise.


Grand angle : Les premières victimes du piton Madoré


Si une partie du groupe a pu regagner le parking du pas de Bellecombe par ses propres moyens dans l'après-midi, il n'en a pas été de même des autres marcheurs, plutôt mal en point et manifestement pas préparés à une telle épreuve. L'alerte a été donnée par l'équipe d'Yves Picard, qui assure la gérance du pavillon du pas de Bellecombe rénové. Ce dernier a rouvert ses portes vendredi dernier et l'on peut y trouver non seulement de quoi se restaurer mais aussi des conseils avisés, ce qui manquait jusqu'alors.
Conduits au gîte du volcan où ils ont pu se réchauffer autour de la cheminée, les rescapés de l'expédition d'hier ont pu indiquer les difficultés auxquelles étaient confrontés leurs compagnons. Le PC des gendarmes ayant quitté les lieux, le Peloton de gendarmerie de haute montagne (tél: 02.62.930.930) était prévenu et des hommes de la brigade de la Plaine-des-Cafres se mettaient en route. Entre-temps, toutefois, grâce au concours d'autres randonneurs, les marcheurs à la traîne parvenaient à regagner à leur tour le parking, une jeune femme ayant été portée depuis le piton Kapor. Faut-il le répéter ? Le parcours vers l'éruption, réservé aux bons marcheurs, est difficile (6-8 heures aller-retour). Il est très risqué et surtout inutile de s'y engager si les conditions météorologiques sont dégradées : vous ne profiterez en rien du spectacle. Savoir renoncer est une forme de sagesse.
L'éruption se poursuit (onzième jour aujourd'hui). Un séisme de magnitude 2 a encore été enregistré au cours de la nuit de mardi à mercredi, localisé sous le sommet et environ 400 m au-dessus du niveau de la mer, sans influence sur le trémor de l'éruption.

F. M.-A.


LE PITON MADORÉ BAPTISÉ HIER

L'observatoire volcanologique a baptisé hier le cône en formation sur la fissure de l'éruption qui a débuté le lundi 11 juin. Et ce n'est pas un hasard si en cette veille de la fête de la musique, il prend le nom de piton Madoré, en hommage au dernier chanteur de rue de la Réunion (11 avril 1928 - 31 décembre 1988) qui a donné au patrimoine musical réunionnais quelques-unes de ses plus jolies pièces. L'an dernier déjà, à la veille de la journée internationale de la femme, l'observatoire avait nommé le piton Célimène...