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ARTICLE DU 02/06/2001
Le volcan est sous surveillance renforcée depuis jeudi, il est sans doute bon de le rappeler en ce début de week-end où les randonneurs seront plus nombreux dans l'enclos du piton de la Fournaise.

L'accès à l'enclos du volcan est autorisé. Préalerte au volcan

Une éruption d'ici à une quinzaine de jours ?


La crise de jeudi matin passée, l'observatoire volcanologique continuait d'enregistrer hier, comme depuis une dizaine de jours, des séismes localisés à l'aplomb du sommet et au-dessus du niveau de la mer dont l'un a atteint une magnitude 1. C'est cette situation qui a conduit la préfecture à mettre en vigueur, jeudi, la phase de préalerte prévue dans le cadre du plan de secours spécialisé éruptions volcaniques.
Il n'y a désormais plus aucun doute sur le deuxième réveil du volcan depuis le début de l'année, deux mois à peine après sa dernière éruption. Hier, à la mi-journée, une douzaine de séismes avaient déjà été comptabilisés.
Depuis la brève éruption du piton Tourkal (huit jours seulement, du 27 mars au 4 avril), le Piton de la Fournaise a continué à gonfler, de façon plus particulièrement significative en zone sommitale. Par ailleurs, sur la base des données fournies par un extensomètre chargé de suivre l'évolution de l'écartement d'une fissure du secteur du cratère Magne, les chercheurs tablent - avec prudence - sur la probabilité d'une éruption d'ici à une quinzaine de jours environ.
Au mois de mars dernier, le Journal de l'île avait fait état des expérimentations des scientifiques dans ce domaine. En comparant les valeurs d'écartement enregistrées au fil des dernières éruptions, ils sont parvenus à déterminer un "point de rupture" qui ne serait plus très loin d'être atteint aujourd'hui. C'est ainsi déjà qu'ils avaient pu prévoir la date de l'éruption du piton Tourkal, avec une certaine réussite. Mais ils insistent encore aujourd'hui sur le manque de recul et les inconnues qui subsistent; selon eux, l'extensométrie comme "signe précurseur fin des éruptions" est une piste à creuser. Elle a en tout cas fait l'objet d'une communication lors d'un récent congrès scientifique européen.
La vigilance est recommandée aux randonneurs. Si l'accès à l'enclos reste autorisé, les panneaux d'information de l'ONF leur conseillent d'éviter d'entreprendre l'ascension du sommet côté Soufrière et le tour des cratères : les débuts d'éruption s'accompagnent souvent d'ouvertures de fissures sur les pourtours nord, est et sud du cratère Dolomieu. En revanche, la partie ouest du sommet (côté cratère Bory) présente assez peu de risques d'être touchée. Et en cette période d'incertitude, évitez de vous engager dans l'enclos par météo médiocre : inutile de compliquer une possible évacuation en cas de déclenchement de l'alerte n° 1 d'éruption imminente qui peut survenir à tout moment, comme le passé l'a prouvé.

F. M.-A.