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L'accès à l'enclos reste interdit après le séisme de dimanche

Attente au Piton de la Fournaise

Vingt-quatre heures après l'évacuation de l'enclos, à la suite d'un séisme jugé "anormal" en cours d'éruption par l'observatoire volcanologique, on restait toujours suspendu hier soir à une éventuelle évolution de l'activité.

Les visiteurs non prévenus ont trouvé porte close hier matin. Depuis dimanche après-midi, on ne peut plus à nouveau descendre l'escalier aux quatre cents marches du Pas de Bellecombe barré par cette même pancarte durant la première semaine de l'éruption pour cause de mauvais temps principalement. L'éruption du 14 février est donc entrée hier dans sa troisième semaine sous le signe de la vigilance. Alors qu'elle semblait donner des signes de déclin depuis la veille du week-end dernier, un premier séisme assez faible, samedi soir, puis un autre qualifié de fort (magnitude 1,8), dimanche à 16h10, ont alerté les scientifiques qui ont proposé à la préfecture de fermer immédiatement l'enclos du volcan pour quarante-huit heures afin d'attendre l'évolution de la situation. En effet, si les séismes enregistrés par le réseau de surveillance de l'observatoire constituent habituellement les signes précurseurs des éruptions, ils disparaissent et cèdent la place au trémor volcanique dès que le magma parvient à progresser librement. On considère donc comme anormal d'enregistrer des séismes en cours d'éruption.
L'observatoire volcanologique n'excluait pas dès dimanche après-midi la possibilité d'une reprise de l'activité déclinante voire une nouvelle éruption, avec ouverture de nouvelles fissures dans un délai impossible à préciser. D'où l'évacuation de l'enclos menée heureusement à une heure d'assez faible affluence.

RECONNAISSANCE EN HÉLICOPTÈRE

Depuis, c'est l'attente. Hier matin, l'apparition de fumées suspectes a tout de même été à l'origine d'une reconnaissance de la gendarmerie, des pompiers et de l'observatoire en direction du Nez coupé de Sainte-Rose, par le sentier de la Cage aux lions. En fait, il s'agissait d'un feu qui a pris naissance dans l'enclos à cause des coulées et l'incendie avait remonté le rempart jusqu'en haut sur un front d'une centaine de mètres de large. Hormis cette fausse alerte, qui a entraîné également une reconnaissance aérienne de la gendarmerie en milieu de journée, aucun autre événement n'était signalé hier soir. Un seul des cônes de l'éruption du 14 février reste en fonctionnement depuis samedi et l'on observe plusieurs petites coulées à proximité du rempart ou au milieu du plateau de laves qui s'étend entre l'éruption actuelle et le rempart. Si aucun autre événement sismique n'est enregistré d'ici ce soir, l'enclos devrait sans doute être rouvert au public rapidement. Mais l'observatoire n'en demeurera pas moins dans une position d'attente.
F. M.-A.

Mardi 29 Février 2000