Sommaire


Deux semaines d'activité au volcan

La Fournaise en sang et or

L'éruption, qui entrera demain dans sa troisième semaine, manifeste de sérieux signes de faiblesse depuis la veille du week-end. Au cours de la nuit de vendredi à samedi, le plus gros des deux cônes encore en activité a brutalement cessé de fonctionner. Son lac de lave qui projetait des éclaboussures de feu sur ses lèvres a disparu.


Comme nous le suggérions dans notre édition d'hier samedi, il faut se lever de bonne heure ou arriver en début de soirée pour assister au spectacle de la Fournaise : désormais, seuls le lever et le coucher de soleil donnent toute sa dimension à ce qu'il semble rester de l'éruption qui a débuté le 14 février dernier. L'activité a en effet amorcé un brutal déclin vendredi soir, ce que confirment les données enregistrées par l'observatoire volcanologique : le trémor, témoin de la vigueur de l'éruption, a en effet baissé d'un facteur deux à quatre, en vingt-quatre heures, entre vendredi et samedi. Par ailleurs, certains phénomènes typiques de fin d'éruption semblent déjà s'être manifestés. Hier au petit matin, le plus gros des deux cônes - que l'on peut admirer au plus près en allant jusqu'au deuxième belvédère aménagé sur la pente du flanc nord de la Fournaise - était devenu silencieux alors que vers 23 heures encore vendredi, les monstrueuses vagues qui agitaient le lac de lave contenu dans son cratère projetaient des lambeaux de matière en fusion sur ses parois internes tandis que des scories incandescentes lancées plus haut parvenaient à dévaler ses flancs pour rouler jusqu'au pied du cône.
Son voisin, aux dimensions plus modestes, possédait pour sa part toujours deux bouches actives. Largement tapissé de dépôts de soufre, il laisse entrevoir une gueule rougeoyante, que n'ont pas manqué d'aller admirer les visiteurs du volcan, au grand dam des gendarmes chargés d'assurer la sécurité dans l'enclos : ils avaient entrepris l'ascension du cône éteint depuis quelques heures seulement pour bénéficier d'une meilleure vue D'où un rappel à la prudence lancé par le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) qui souligne les risques de chute, de blessures par coupures sur les laves, de brûlures. Quant aux coulées, on n'en observait qu'une circulant à l'air libre, assez lointaine, hier matin, entre le site de l'éruption et la vaste étendue comprise entre le Piton de Partage et le Nez coupé de Sainte-Rose.
Comme il fallait s'y attendre, le Pas de Bellecombe a été bien rempli hier comme vendredi soir, mais sans qu'il soit nécessaire de procéder à une régulation de la circulation comme l'avait craint la préfecture, et même si on a vu de nombreuses voitures en stationnement gênant sur la route précédant le parking terminal.
Le poste de secours des sapeurs-pompiers mis en place pour le week-end n'a enregistré pratiquement aucune intervention hier.
Enfin, pour le plus grand soulagement du public et des gendarmes qui assurent une présence depuis deux semaines sur le site, l'ONF a mis en place des toilettes louées auprès d'une société privée. On se sent mieux
François Martel-Asselin
Photos F.-M. A.
et Willy Rivière



Dimanche 27 février 2000