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En direct du Piton de la Fournaise

Pas pour les accros du portable !

En cas d'affluence au volcan, que les inconditionnels du téléphone portable se fassent une raison : le répéteur installé au Piton de Partage ne permet pas d'acheminer plus de quatorze communications simultanées !

Même si l'écran à cristaux liquides de votre GSM affiche un nombre de barrettes respectable indiquant la bonne qualité du contact avec le relais le plus proche de la SFR, la mention "Pas d'accès" peut fort bien apparaître en même temps. En clair, ça passe mais le réseau offre une capacité insuffisante à l'instant où vous souhaitez téléphoner. De fait, la SFR a limité son installation du Piton de Partage à quatorze communications simultanée. Alain Lemée, responsable de la communication à la SFR, opérateur de l'unique réseau de téléphonie mobile à la Réunion, s'explique : "La couverture de la zone du volcan relève de la sécurité publique avant tout. Nous n'allons pas dire que ce répéteur n'est pas rentable, mais en temps normal son utilisation reste extrêmement réduite, ce qui ne justifie donc pas une capacité plus importante". La difficulté d'alimentation en énergie du répéteur perché à près de 2 350 mètres d'altitude au Piton de Partage n'est pas non plus étrangère à la limitation du nombre de canaux disponibles : des panneaux solaires assurent en effet la fourniture du courant et il n'est bien sûr pas question de tirer des câbles jusqu'ici ! Situé à près d'une demi-heure de marche du Pas de Bellecombe, il est par ailleurs peu accessible en véhicule 4x4 en raison de l'état de la piste, souvent ravinée par les intempéries. LE 112 (URGENCES) TOUJOURS ACCESSIBLE

De toute façon, en temps normal, le trafic serait quasiment nul sur cette branche en "cul-de-sac" du réseau SFR selon Alain Lemée. Mais fort opportunément, l'opérateur avait couvert cette zone à la fin de l'année 1997, quelques mois tout juste avant l'éruption du Piton de Kapor qui a drainé des centaines de milliers de visiteurs vers le Pas de Bellecombe durant les six mois d'activité exceptionnelle du volcan cette année-là.
Dimanche dernier, entre 12h et 13h, alors que l'enclos était encore fermé au public et sans affluence monstre, le répéteur de Piton de Partage a été sollicité à 42,6 %de ses capacités. Un peu comme si six de ses quatorze lignes avaient été occupées en permanence, même s'il n'est pas exclu que le répéteur ait été saturé à un moment quelconque au cours de cette heure.
Faut-il craindre, en cas d'urgence, l'impossibilité de joindre les services de secours ? Non, réplique Alain Lemée : "Le112 [ndlr: le numéro d'appel du Samu, chargé de la régulation des appels de détresse] sera toujours accessible: même si toutes les lignes d'un répéteur sont occupées, une demande sur ce numéro devient prioritaire et l'une des communications encours sera automatiquement déconnectée du réseau".
François Martel-Asselin
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Pas de sécurité absolue

La possession d'un téléphone portable ne constitue pas une assurance tous risques en cas de détresse : le répéteur du Piton de Partage assure une couverture seulement très partielle de la zone du volcan.
- du parking Pas de Bellecombe, les communications semblent avoir parfois du mal à passer selon l'endroit où l'on se trouve. Ne pas hésiter à se déplacer en vue directe du Piton de Partage, vers la barrière du belvédère de l'enclos ou à proximité de la table d'orientation, plus en hauteur;
- si vous faites le tour des cratères, les communications ne passent pas dans une bonne partie de la zone sud du sommet des cratères Bory et Dolomieu, leur rempart nord faisant écran avec le Piton de Partage;
- les communications passent assez correctement dans la zone de l'éruption actuelle;
- si pour votre plus grand malheur vous vous perdiez dans le brouillard et descendiez vers la Plaine des Osmondes ou le sud de l'enclos, ne comptez plus que sur vous-même : toute communication est alors impossible, même avec les services d'urgence. Remontez vite !- pluie et brouillard peuvent compromettre très sérieusement, voire empêcher la propagation des ondes radio, c'est-à-dire justement lorsque vous aurez vraiment besoin de votre téléphone portable. La prudence reste donc encore une fois la meilleure conseillère. Ne vous écartez pas des sentiers
balisés.

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Rappels à la prudence


L'éruption se poursuit sur le flanc nord du Piton de la Fournaise, avec toujours une activité de lac de lave dans l'un des cônes actifs - mais des projections moindres qu'il y a quelques jours - et des coulées en contrebas. Spectacle visible du Piton de Partage (une heure de marche aller-retour) ou des belvédères aménagés dans l'enclos (compter quatre à cinq heures aller-retour, marche assez difficile. La préfecture, dans un communiqué publié hier, rappelle les consignes de sécurité en vigueur, notamment la nécessité de respecter les balisages et les périmètres de sécurité mis en place par l'ONF. S'aventurer hors des zones balisées (voir notre édition d'hier), comme l'ont constaté les gendarmes, constitue un réel danger dans la mesure où le brouillard peut envahir l'enclos en quelques minutes et empêcher de retrouver son chemin. Hier matin, vers 10 heures, le PGHM a rappelé à l'ordre des touristes qui avaient emprunté un chemin interdit, les mettant au plus près de l'éruption, et donc en position de danger. Le site de l'éruption représente par définition une zone à risques : de nouvelles coulées peuvent surgir, des chutes sont possibles dans les fissures, la visibilité peut être réduite à néant même en plein jour si la pluie se vaporise sur des coulées apparemment refroidies. Enfin, équipez-vous sérieusement. Prudence donc.

Vendredi 25 Février 2000