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Un mercredi à la Fournaise

Le Pas de Bellecombe affiche déjà complet

Hier vers 18 heures, la gendarmerie avait comptabilisé plus de500 personnes descendues dans l'enclos du volcan depuis le matin, dont quatre-vingtsà partir de 16 heures, venues tout spécialement pour assisterau coucher du soleil sur l'éruption...

Le Piton de la Fournaise surprend son monde : ceux qui ont peinéhier à atteindre les belvédères d'observation aménagéssur les pentes du cône terminal du volcan avaient même de quoimaugréer. Installés un peu trop loin à leur goûtdes cônes en activité, ils ne voyaient pas assez bien les projectionsdont le volume et le rythme ont décru ces dernières quarante-huitheures. Ce qui n'est pas le cas des coulées, bien présentesen contrebas des cônes et qui serpentent jusqu'à frôlerla base du Piton Kapor. Malheureusement, d'en haut on ne voit pas grand-chose
Rien d'étonnant alors à ce que, hier après-midi, desmarcheurs aient eu envie de descendre bien plus bas que les limites fixées;on a ainsi vu une dizaine d'insatiables curieux se lancer hors du balisageofficiel pour accéder de plus près au spectacle. Par chance,le beau temps régnait sur l'enclos après une nuit de pluiestorrentielles où le vent a soufflé en rafales. Aucun incidentn'était à signaler hier soir; il doit exister un dieu pourles imprudents !
En fait, les 200 personnes qui se sont rendues hier au Piton de Partage(une heure de marche aller-retour) semblent avoir presque mieux profitéde la vue que les marcheurs de l'enclos: muni d'une paire de jumelles, onpouvait observer les coulées de face, avec pour une fois une météotrès favorable. De nuit, on observe toujours de nombreux points rougesdans la zone recouverte de laves récentes entre le Piton de Partageet le Nez Coupé de Sainte-Rose.
La conjonction du mercredi, jour de congé pour de nombreux scolaires,et du beau temps est sans nul doute à l'origine de la saturationdu parking du Pas de Bellecombe hier : on a vu des véhicules garésjusque sur la route qui mène au belvédère sur l'enclos.Alors, attention ce week-end, ça promet !
François Martel-Asselin

* A fond la forme ?
On peut observer l'éruption du Piton de Partage (une heure de marchealler-retour depuis le parking) ou en descendant dans l'enclos. Cette dernièrerandonnée nécessite une bonne forme physique et un équipementadapté (bonnes chaussures, vêtements imperméables, eau,nourriture, gants, lampe de poche). Compter de quatre à cinq heuresaller-retour, arrêts non compris.

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L'absence de sanitaires cruellement ressentie

La présence d'une certaine foule au Pas de Bellecombe amènetout naturellement la question : que fait-on pour accueillir tous ces gens? Du côté des gendarmes, forcément sollicitéspuisqu'ils assurent à eux tout seuls une présence permanentesur le site depuis dix jours maintenant, on se fait l'écho des doléancesentendues dans la bouche des visiteurs.
A ceux qui regrettent l'inexistence d'un poste de secours, on pourra toutsimplement rétorquer qu'une trousse à pharmacie fait partiede l'équipement de base du randonneur. Et en cas de pépinsérieux, l'hélicoptère des gendarmes pourrait de toutefaçon assurer une évacuation vers un centre hospitalier, saufabsence de visibilité
Le point le plus préoccupant reste en fait l'absence de toute installationsanitaire au Pas de Bellecombe. Qu'attend-on pour mettre en place des WCchimiques comme cela a été le cas au cours de l'éruptionde mars 1998 ? C'est le minimum dû au fleuron touristique de l'île,sinon ce sera de drôles de bombes volcaniques en "bouse de vache"que l'on va trouver derrière chaque buisson au lendemain du prochainweek-end

Jeudi 24 Février 2000