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LES MAUVAISES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUESRETARDENT L'OUVERTURE DE L'ENCLOS

Le Piton de la Fournaise ne boude plus ses admirateurs

Depuis le début de l'éruption, il y a une semaine hier, le Piton de la Fournaise se produisait pratiquement sans spectateurs en raison de la fermeture de l'enclos liée aux très mauvaises conditions atmosphériques. Celles-ci ont encore retardé de quelques heures hier le libre accès à l'escalier du Pas de Bellecombe. Seuls quelques téméraires ont osé bravé le mauvais temps dans l'après-midi avant que le ciel bleu ne refasse son apparition.

Météo France avait annoncé du beau temps sur le massif du Piton de la Fournaise. Les mauvaises langues vous diront que c'est ce type de prévisions dont il faut se méfier. Le ciel leur adonné raison hier. Et pourtant, les bulletins encourageants diffusés la veille après les journaux télévisés ajoutés à l'annonce de l'ouverture de l'enclos pour 8h avaient fait déferler sur le parking du Pas de Bellecombe un flot de voitures bien avant l'aube. Une belle éclaircie entre le Nez de Bœuf et le Piton Textor pouvait laisser croire que les oracles météorologiques avaient vu juste, mais plus haut la Plaine des Sables et le massif du Piton de la Fournaise restent noyés dans une ouate blanche. Difficile pourtant de décourager ceux qui sont venus pour voir l'éruption. La moindre ébauche d'éclaircie fait se précipiter sur le belvédère dominant l'enclos une troupe enthousiaste plus ou moins bien préparée à affronter les intempéries et qui se réfugie presque aussitôt à l'abri des véhicules devant la violence des bourrasques humides. Vers 5h, on peut croire un moment que les éléments vont se calmer. Les nuages reflètent les lueurs des projections, mais ce n'est qu'une très brève et unique accalmie.
Il est clair, si l'on peut dire, que l'accès à l'enclos ne pourra être rétabli. Une équipe de l'ONF accompagnée de gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne se met cependant en route dès 8 heures pour achever de baliser l'itinéraire conduisant à deux points de vue l'un très en amont du cône le plus élevé, l'autre plus bas réservé aux marcheurs confirmés. La mise en place de ce balisage n'est pas une mince affaire. L'enclos est balayé par des rafales de pluie et la visibilité est réduite au minimum.
A partir du sentier conduisant au sommet du cratère principal en partant sur la gauche depuis la Chapelle de Rosemont, les ouvriers forestiers tracent à mi-pente une bretelle qui descend dans des gratons fraîchement étalés depuis le début de la semaine dernière.
Sur les fissures d'où s'échappaient lundi dernier plusieurs fontaines de lave visibles depuis le Puy Mi-Côte se sont édifiés deux cônes solidement charpentés. Ils projettent dans le ciel des langues de lave finement ciselées qui retombent lourdement sur leurs flancs.
Un fleuve de feu s'échappe de l'un d'entre eux, charriant des blocs en fusion que le flux modèle à l'infini. Le lit lui-même se modifie à vue d'œil. D'abord très large, il se resserre puis coule en tunnel alors qu'en surface la lave prend la consistance d'une pâte épaisse qui se gonfle et se dégonfle sous la poussée des gaz. L'écoulement est rapide et le moindre obstacle provoque des débordements, des cascades. On ne se lasse pas de ce spectacle en perpétuelle construction. Les jeux de lumière ajoutent à la féerie du moment. Soudain, une brève éclaircie dévoile le Kapor en contrebas vers lequel semblent se ruer les langues de lave. En dépit de la pluie, il est difficile de s'arracher au spectacle. Désormais, le Piton de la Fournaise joue à guichets ouverts. Mais, il convient de savoir tenir ses distances. On ne joue pas avec le feu de la terre.
Alain Dupuis


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Les deux premières visiteuses
de l'éruption

Venues passer une semaine de vacances à la Réunion, Annie et Françoise sont arrivées dans notre île au lendemain du début de l'éruption. Originaire pour l'une de la Haute-savoie, pour l'autre du Jura, elles randonnent ensemble sur les sentiers de métropole. L'éruption du Piton de la Fournaise ne pouvait les laisser indifférentes. Hier vers 13h15, elles ont été les premières à avaler les 400 marches de l'escalier du Pas de Bellecombe après que l'enclos eut été ouvert au public à 12h. Il faut dire que le temps très médiocre ne suscitait guère de vocations. "Nous sommes montées trois fois au Pas de Bellecombe, confient-elles, et nous n'avons rien vu. La troisième fois c'était ce matin et nous étions déjà redescendus à Bourg-Murat prendre un café après une nuit dans la voiture quand nous avons appris que l'enclos était ouvert. Nous sommes remontés pour pouvoir découvrir l'enclos. Nous ne savons pas si nous allons pousser jusqu'à l'éruption. Nous voulons voir le Formica Léo au pied de l'escalier. Pour notre première visite à la Réunion nous avons été gâtées. D'abord le volcan, et après le cyclone. Demain nous partons pour Mafate".

Mardi 22 Février 2000