Les jours se suivent et se ressemblent : un linceul de brouillard et de pluie a enveloppé à nouveau l'enclos du Piton de la Fournaise à partir de la fin de la matinée d'hier. Les occupants des cars et voitures venus nombreux - mais trop tard - au Pas de Bellecombe en ont été quittes pour faire demi-tour. Dommage, car les plus courageux qui ont rallié le Piton de Partage aux premières heures du jour ont pu admirer le spectacle des deux cônes actifs situés juste à l'est du Puy Mi-Côte. Quelques hélicoptères ont aussi pu effleurer de leurs pales la couche nuageuse suffisamment accommodante pour permettre un rapide coup d'œil, mais pas celui du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Jean-Jack Queyranne, pas assez matinal.
Hier, l'observatoire volcanologique a profité d'un début de journée plus clément que les précédents pour réparer une station de son réseau de surveillance grillée par la foudre l'avant-veille. Et une équipe de l'Office national des forêts (ONF) est descendue dans l'enclos afin de rétablir le balisage du sentier de la Soufrière emporté par les fissures et les coulées de lundi. Est-ce à dire qu'on s'achemine vers une réouverture de l'enclos au public ? Il faut se garder de tout enthousiasme prématuré en la matière. En effet, l'équipe de l'ONF a dû rentrer hier après-midi au bercail avec pots de peinture, pinceaux et pancartes de signalisation: le mauvais temps quil'attendait sur le parcours l'a contrainte à renoncer à sesplans. Le retour d'une météo acceptable semble être le préalable à une réouverture de l'enclos. A partir de là, on peut supposer que le public sera invité à suivre le classique sentier de la chapelle de Rosemont avant de monter en direction de la Soufrière. Un peu au-dessus du niveau du Puy Mi-côte, une plate-forme d'observation serait balisée pour contempler l'éruption située en contrebas sur la fissure qui a coupé le sentier.
Texte et photos:
François Martel-Asselin
Dimanche 20 février 2000