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Le Piton de la Fournaise noyé dans la tourmente: l'accès à l'enclos toujours interdit,

Le volcan en solitaire

L'éruption qui a débuté dans la nuit de dimancheà lundi se poursuivait hier soir alors que les conditions météorologiquesdéfavorables liées à l'approche de la tempêtetropicale Eline empiraient au fil des heures. Même les gendarmes ontquitté le Pas de Bellecombe, de justesse : ils n'ont pu passer quegrâce à leurs imposants véhicules tout-terrain, laissantleurs autres véhicules en sûreté au niveau du gîte.


La nuit dernière, le volcan en éruption depuis lundi matinn'aura été "gardé" que par une poignéed'hommes en poste au gîte de la famille Picard au pas de Bellecombe.Tandis que soufflaient déjà des rafales à plus de 100kilomètres par heure dans l'après-midi, ils disputaient desparties de Monopoly pour passer le temps en attendant de dîner, puisquedepuis la journée de lundi, plus aucun client n'a séjournéau gîte, pour des raisons de sécurité.
Après la relative affluence du premier jour de l'éruptionet en dépit du mauvais temps, le parking du Pas de Bellecombe estresté quasiment désert hier. Comme le rapporte Yves Picard- dont la quinzaine de service au gîte a débuté justementlundi pour son équipe - seulement quelques touristes transis sontpassés prendre une boisson chaude chez lui !
Hier après-midi, devant la dégradation attendue du temps,la gendarmerie décide de suspendre le dispositif en place au Pasde Bellecombe après s'être assurée que plus personnene se trouve dans ce secteur. Mais déjà la pluie a pris possessiondes nombreuses ravines habituellement asséchées qui recoupentla piste du volcan. Pensez, il est tombé 335 mm d'eau en vingt-quatreheures entre lundi et mardi 17 h, dont 297 mm pour les seules douze dernièresheures !
Finalement, seuls les véhicules les plus hauts sur roues se révèlentcapables de franchir le radier de la ravine Lacroix, recouvert de cinquantecentimètres d'eau, selon une estimation d'Yves Picard. Les gendarmesdécident alors de laisser leurs autres véhicules en sûretésur le parking du gîte en attendant des jours meilleurs.
François Martel-Asselin
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*L'accès à l'enclos du Piton de la Fournaise demeure interditjusqu'à nouvel ordre indique la préfecture dans un communiquépublié hier soir qui met en garde le public : la route d'accèsau Pas de Bellecombe est «impraticable» (radiers submergés).


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Toute observation impossible


Après avoir enregistré un affaiblissement progressif de l'activitéau cours de la journée de lundi, l'observatoire volcanologique étaitbien en peine hier soir de fournir un bulletin de santé précisdu Piton de la Fournaise: les vibrations du sol engendrées par levent se mêlent au trémor associé à l'éruptionet leurrent les sismomètres chargés d'ausculter le volcan.Du coup, les scientifiques sont obligés de se fier à un autreindicateur de l'activité pour détecter une éventuellemodification de celle-ci : les inclinomètres, qui surveillent les"gonflements" du Piton de la Fournaise lorsque le massif se metsous pression du fait de la montée du magma.
Ainsi, même si un regain d'activité risquant de se traduirepar un nouvel épisode éruptif pouvait passer inaperçusur le réseau sismique en raison du brouillage dû au vent,on peut espérer qu'il serait "annoncé" par le réseaud'inclinomètres qui encadrent le massif du volcan. Toute observationsur le terrain a bien entendu été impossible hier. Seulesles photos prises durant l'accalmie de lundi matin, quelques heures aprèsle début de l'éruption peuvent témoigner de l'existencede plusieurs fissures sur le flanc nord du volcan, sous le sommet. Les couléesont très rapidement gagné le plancher de l'enclos, atteintla base du rempart du Nez coupé de Sainte-Rose, comme celles du PitonKapor en mars 1998, avant de se diriger vers le cassé de la Plainedes Osmondes. On ignore tout de ce qu'elle sont devenues depuis

Mercredi 16 Février 2000