Signes de fin d'activité et reprise de la sismicité
au cours de la journée d'hier
La Fournaise ne tient plus en place
L'éruption du 14 février est sans doute arrivée
à un tournant hier: des phénomènes de dégazage
brutaux typiques des fins d'éruption se sont produits durant près
de six heures pour laisser place ensuite à de nouveaux séismes
comme tout au long de cette semaine. L'éventualité d'une reprise
d'activité fait de moins en moins de doute.
Après six heures durant lesquelles se sont manifestés tous
les signes d'une fin d'éruption, la sismicité à l'origine
de l'évacuation de l'enclos dimanche dernier est brutalement réapparue
hier vers 17h30. Déjà atténué depuis ces jours
derniers, le trémor généré par l'actuelle éruption
a en effet fortement diminué hier matin.
A partir de 10h40, le signal continu témoin de la circulation superficielle
des gaz et du magma a disparu, explique Valérie Ferrazzini, sismologue
à l'observatoire : "Il s'est transformé en événements
discontinus, sur un fond de trémor quasi inexistant". Des signes
assez typiques des fins d'éruption, se succédant presque toutes
les minutes, comme on a pu en observer à la fin des éruptions
de l'an passé et parfois violents comme en ont témoigné
les gendarmes en poste hier au Pas de Bellecombe : en dépit du vacarme
du groupe électrogène qui alimente leur PC, ils ont pu nettement
entendre à plusieurs reprises de véritables détonations.
800 mètres au-dessus du niveau de la mer
Grossièrement, on peut dire qu'elles sont dues à la détente
des gaz du magma accumulés dans les conduits qui s'obturent à
proximité de la surface et forment caisse de résonance.
Mais le brouillard qui s'est installé hier dans l'enclos dès
le milieu de la matinée n'a pas permis de se rendre compte de visu
des effets possibles de cet épisode au cours duquel le seul cône
encore actif depuis une semaine aurait pu véritablement "exploser".
De toute façon, à partir de 16h30, le rythme de ces événements
ralentissait jusqu'à leur disparition quand, à 17h35, les
alarmes de l'observatoire se déclenchaient à nouveau pour
un véritable séisme cette fois, localisé sous le sommet,
à environ 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, en cohérence
avec tous les séismes enregistrés dans cette zone au cours
de cette semaine. Il était suivi d'un second à 17h58.
Depuis hier soir, une nouvelle période d'attente a commencé.
L'interdiction d'accès à l'enclos, on le comprend, est maintenue
alors que la troisième semaine d'éruption tire à sa
fin. Et l'éventualité d'une nouvelle phase annoncée
par une sismicité persistante se précise.
François Martel-Asselin
Dimanche 5 Mars 2000