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Océan Indien

Les Comoriens ignorent le réveil du Karthala

Depuis le début du mois d'octobre, le volcan comorien gronde (le Journal de l'île d'hier). En raison de l'augmentation notable de la sismicité au début de cette semaine, l'observatoire du Karthala a alerté la présidence, mardi. Evoquée hier en conseil des ministres, la situation n'a pour l'instant fait l'objet d'aucune communiqué destiné au public.

Hier soir, les habitants de la Grande-Comore ignoraient encore le réveil de leur volcan. Les autorités n'avaient pas encore pris la décision de rendre publique la nouvelle crise qui a débuté au Karthala, un peu plus de neuf ans après sa dernière éruption de 1991, comme l'a annoncé dès hier le Journal de l'île. En l'absence de presse quotidienne, c'est essentiellement Radio Comores qui devrait assurer la diffusion de l'information, mais jusqu'alors, silence. A Moroni comme à la Réunion, l'annonce du réveil du Karthala n'a pas laissé les autorités françaises indifférentes. A la Réunion, tout d'abord, on n'ignore pas les accords de coopération entre les pays de la zone, notamment en matière de mise à disposition d'aide en cas de catastrophe. Mais on n'en pas encore là. Quant à l'ambasssade de France aux Comores, elle préférerait que toutes les informations utiles soient apportées à la population.
Même si la prochaine éruption du Karthala n'est pas imminente, l'observatoire prend ses dispositions. C'est finalement aujourd'hui seulement que doit être remplacée une station sismique du sommet, victime de vandalisme. L'ingénieur électronicien chargé de cette tâche devra entreprendreà pied cette longue ascension à 2361 mètres d'altitude (une dizaine d'heures aller-retour), accompagné d'un guide: le seul hélicoptère de l'archipel, propriété de la présidence, est immobilisé faute de financement nécessaire à la grande révision sans laquelle il ne peut prendre l'air.
F. M.-A.

Vendredi 27 Octobre 2000