A côté de l'éruption, sous la tente
Nuit rouge

Difficile de fermer l'il tant le sol vibre en permanence, tant domine l'envie
de regarder le spectacle au dehors. Les déflagrations trouent l'air
en rafales auxquelles répond le fracas des bombes à leur arrivée
sur le sol. Les lampes frontales ne sortiront pas des sacs à dos
tant l'éruption conjuguée à la pleine lune illumine
les pentes du volcan. Et pour couronner le tout, une bombe encore rougeoyante
transportée comme en tenaille entre deux scories refroidies permettra
de réchauffer les barquettes métalliques du dîner !
Le terrain de camping improvisé au pied même du Piton Morgabim
a accueilli samedi soir plusieurs tentes et randonneurs à la belle
étoile : deux heures de grains tombés en pleine nuit ont vite
séché devant la chaleur irradiée par les fontaines
de lave, toujours aussi spectaculaires depuis le regain d'activité
de jeudi alors que débutait la cinquième semaine d'éruption.
Prudence tout de même, le deuxième cratère né
en aval et accolé au premier s'en distingue par des accès
de violence par moment redoutables. Certains l'ont surnommé le «sniper»
!
Le Piton Morgabim s'est quant à lui peu à peu refermé
dans la nuit de samedi à dimanche. Si l'on peut toujours voir son
lac de lave exploser en continu par la profonde échancrure de la
face nord du cratère, les coulées s'évacuent désormais
par des tunnels et s'étalent largement en contrebas, visibles depuis
la piste balisée par l'ONF et même depuis le sommet du volcan,
plus facilement accessible. Cette éruption a encore de beaux jours
devant elle.
F. M.-A.




Lundi 13 Novembre 2000