
TRÉMOR EN BAISSE HIER SOIR
Pourtant, la situation étant devenue ce qu'il considérait
comme stationnaire au fil des jours, l'observatoire a allégé
ce dispositif mercredi. Les personnels aptes à assurer ce genre
de surveillance ne sont en effet qu'au nombre de six et il ne s'agissait
pas d'entamer ce potentiel trop sérieusement avant le début
de l'éruption attendue
Il n'en fallait pas moins au Piton de la Fournaise : de même
qu'une petite crise sismique, à la veille du week-end dernier, avait
déjà obligé à maintenir cette veille humaine,
le volcan s'est réveillé hier matin sans crier gare.
De la routine en temps habituel : le premier séisme qui a amorcé
la crise s'est produit à 4h09 ! Puis ils se sont enchaînés,
de plus en plus nombreux, jusqu'à la sortie du magma, datée
à 5h05 par l'observatoire. Dès le second séisme, l'alarme
aurait dû se déclencher et alerter le scientifique d'astreinte.
Pourtant, il n'en a rien été, en raison d'une défaillance
du réseau de la SRR (Société réunionnaise du
téléphone) dans tout le Sud de l'île (lire par ailleurs).
Ce qui explique que des habitants du Sud Est - comme ce pêcheur installé
sur sa barque ! - aient signalé fumées et coulées
bien avant l'information officielle de l'éruption
Comme à l'époque pas si lointaine où le réseau
de surveillance de l'observatoire n'était pas autant développé,
c'est le personnel du gîte du volcan qui s'est rendu au Pas de Bellecombe
pour vérifier la réalité de cette fumée Entre-temps,
pilotes d'hélicoptères, d'avions et d'ULM, nombreux hier
matin en raison d'une météo favorable, n'en revenaient pas
d'assister en direct à un spectacle inattendu.
Et il a fallu se rendre à l'évidence : une série
de fissures, comme en juin dernier, déchirait le flanc sud est du
volcan, non loin de celles qui ont donné naissance au Piton Pârvédi.
Les observateurs ont noté hier un débit de lave impressionnant,
effet accentué par la pente du cône terminal du volcan. De
véritables torrents se rejoignant en un fleuve. Le trémor
associé à cette activité, très élevé
hier matin, avait toutefois baissé d'un tiers en fin de journée,
notaient les scientifiques. Et ils ne croient guère, sauf réactivation,
à l'arrivée de la coulée à la route, qui a
atteint très rapidement certes le bas des Grandes pentes: le relief
très atténué vers 500 mètres d'altitude ne
devrait plus lui permettre de beaucoup progresser. Elle se trouvait à
encore près de deux kilomètres de la RN 2 hier soir, selon
les constatations effectuées lors d'un survol de la gendarmerie
vers 16 heures.
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* 19 juillet 1999 : dix mois après la fin de "l'éruption du siècle", la Fournaise remet ça. Une fissure déchire le fond du cratère Dolomieu et se prolonge sur son flanc est-sud-est. La coulée descend plein est jusqu'à 1500 m d'altitude. L'enclos rouvre au public le 22 malgré une météo très capricieuse et l'on peut admirer de très beaux dépôts de soufre sur le cône qui s'est édifié au bord du sommet. L'éruption s'achève au bout de treize jours, le 31 juillet.
* 28 septembre 1999 : sans crier gare ou presque, deux mois après la fin de la première éruption de l'année, le volcan entre en activité sous les yeux d'une équipe de scientifiques de l'observatoire en pleine "manip" au sommet. La gendarmerie organise le retour du public (comblé et pas du tout effrayé!) vers le Pas de Bellecombe. Des fontaines de lave jaillissent brièvement du fond du Dolomieu, épargnant le sentier du tour des cratères. Une coulée s'échappe d'une longue fissure sur le flanc sud du cône terminal mais ne descendra pas en-dessous de 2000 m d'altitude. Fermé au public, l'enclos rouvre le 1er octobre. Le 8, un nouveau point de sortie de la lave apparaît dans le sud de l'enclos, à mi-distance entre le rempart au niveau du Piton de Bert et le Nez coupé du Tremblet. Mais cette nouvelle phase est inaccessible, quoique les céramistes d'Art Sud aient pu s'y rendre (en hélicoptère !) pour opérer sur la lave en fusion. L'activité près du sommet, qui donnera naissance au cratère Du pavillon, un peu en dessous du sommet du côté Sud du Dolomieu, cesse au bout de vingt-six jours, le 23 octobre.
* 14 février 2000 : trois mois et demi après la
fin de la précédente éruption, à 0h18, au terme
d'une crise sismique de moins d'une heure, deux fissures s'ouvrent sur
le flanc nord du cône terminal de la Fournaise, coupant le sentier
de la Soufrière. Deux coulées s'en échappent et se
dirigent vers le rempart nord de l'enclos. Elle ne dépasseront pas
le Nez Coupé de Sainte Rose ne franchiront donc pas le cassé
de la Plaine des Osmondes alors que la Réunion est placée
depuis la veille au soir en vigilance cyclonique en raison de l'approche
de la forte tempête tropicale Eline !
En raison du mauvais temps, qui empêche toute observation ou
presque, l'enclos reste totalement fermé au public une semaine entière,
jusqu'au 21 février. L'accumulation des projections que l'on admire
depuis un belvédère aménagé donnera un cône
de taille importante, qui sera baptisé Célimène, à-côté
d'un autre plus petit, dénommé cratère Legros. Le
répit est de courte durée puisque l'apparition de nouveaux
séismes déclenche l'évacuation de l'enclos le dimanche
28. L'éruption s'achève le 4 mars, après vingt jours
d'activité.
* 23 juin 2000 : deuxième éruption de l'année,
trois mois et demi après la fin de la précédente !Annoncée
par des séismes profonds une quinzaine de jours auparavant, elle
démarre comme un coup de tonnerre. Une fissure s'ouvre au sud-est
du pied du cône terminal du volcan, d'où jaillissent pendant
plusieurs jours et à un rythme soutenu des fontaines de lave comme
on n'en avait pas vu depuis longtemps. Les coulées vont descendre
jusqu'à quatre cents mètres d'altitude, soit à deux
kilomètres de la route nationale 2, le 27 juin. Elles ne progresseront
plus ensuite.
L'éruption est située très loin du Pas de Bellecombe,
vers 1850 mètres d'altitude, entre le cratère Château-Fort
et le Signal de l'Enclos. Au fil des semaines, bravant le mauvais temps
très fréquent dans cette zone de l'enclos et surtout les
difficultés d'approche, plusieurs personnes doivent être secourues
par le Peloton de gendarmerie de haute montagne et certaines évacuées
en hélicoptère. En l'absence de sentier d'accès, l'enclos
restera longtemps interdit au public. Enfin, un balisage est entrepris
par l'Office national des forêts mais c'est au prix de huit à
dix heures de marche aller-retour dans les gratons que l'on peut admirer
le tout nouveau Piton Pârvédi (même si certains se vantent
d'avoir mis cinq heures !), un superbe cône habité par un
lac de lave bouillonnant. Le week-end de la réouverture, le 22 juillet,
le site est envahi par pas moins d'une dizaine de tentes sans compter bien
des groupes de randonneurs. Mais dès le week-end suivant, le 30
juillet, l'éruption s'achève, après trente-sept jours
d'activité.
* 12 octobre 2000 : après un lent réveil du Piton
de la Fournaise depuis le 18 septembre, troisième éruption
de l'an 2000.
Vendredi 13 Octobre 2000