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Hier matin à 5h05, trroisième éruption 2000 du Piton de la Fournaise

Du feu de Dieu

La troisième éruption de l'année a débuté hier à 5h05 sur le flanc sud-est du Piton de la Fournaise au terme d'une crise sismique de moins d'une heure. Les fissures ouvertes à flanc de pente laissent échapper des torrents de lave qui viennent lécher les pieds du cratère Pârvédi né de l'éruption de juin dernier. Mais le volcan de la Réunion, en se manifestant loin, très loin du Pas de Bellecombe, de l'autre côté du cône terminal, se dérobe à la vue du public. Voici pour vous ces quelques photos. (Photos Frédéric Laï-Yu)

Sur plusieurs centaines de mètres de longueur, la Terre s'est ouverte en contrebas
du sommet du volcan, là où la déclivité est la plus forte. La lave se joue
des obstacles mis en place par les éruptions précédentes !


De la bouche principale jaillit un torrent de feu,
dont le débit s'accroît dès sa sortie avec la pente. Il s'en va rejoindre
d'autres venus d'une multitude d'évents éruptifs.
Ira jusqu'à la route, ira pas ?
Les paris étaient ouverts du côté des spectateurs
rassemblés dans le Grand-Brûlé !


Une succession de points de sortie alignés sur les fissures
poinçonne les pentes de la Fournaise, signalés par
des panaches de vapeur et de gaz rabattus par le vent.



Explosion de feu.
Puisant dans les larmes de lave qu'il étire,
le vent tisse de longs cheveux de Pélé, ainsi nommés
d'après la déesse hawaiienne des volcans
(photo F.M.-A.)



Hier soir, nous a assuré un observateur sur place,
le spectacle restait tout aussi impressionnant même si le trémor
enregistré à l'observatoire avait baissé.
Pourvu que le spectacle continue jusqu'à la réouverture de l'enclos !



Au milieu des torrents ignés, des blocs portés au rouge s'emballent,
cascadent jusqu'à être avalés dans les profondeur
du flot qui les porte. Un éternel recyclage.



Le volcanologue dans son "habit de lumière".
Muni d'une longue pelle, il la plonge dans le flot
pour recueillir un échantillon. Combat contre la chaleur,
car même avec la combinaison isolante,
le scientifique étouffe sous son heaume à la visière recouverte
d'une mince pellicule d'or qui protège ses yeux du brasier.
Avant même de se débarrasser de sa carapace, il doit tremper
le lambeau de lave dans un seau d'eau afin de figer sa composition.
Bloquer sa cristallisation est essentiel
pour déterminer son origine (photo F. M.-A.)


Vendredi 13 Octobre 2000