Le spectacle n'est plus au cône de l'éruption
du 12 octobre mais sur les pentes basses de la Fournaise
Les coulées à nouveau en vue de la RN 2

Alors que l'éruption du Piton Morgabim entre demain dans sa cinquième
semaine, on assiste depuis ces derniers jours à une nouvelle progression
de la lave dans le Grand-Brûlé.
La Fournaise va-t-elle nous rejouer un scénario façon Piton
Kapor ? Alors que l'activité du Piton Morgabim, né de l'éruption
du 12 octobre, semblait s'assagir ces derniers jours comme ont pu le constater
les visiteurs, ses coulées attirent à nouveau l'attention.
Hier matin, leur front actif avait atteint l'altitude de 550 mètres,
à deux kilomètres tout juste de la route nationale 2.
PROGRESSION PAR SAUTS
Si l'alarmisme ambiant du premier jour de l'éruption, le 12 octobre
dernier - fermeture préventive de la RN 2 à l'appui - n'était
pas justifié, la vigilance pourrait être de rigueur aujourd'hui.
Non pas que la route soit menacée, mais des surprises sont toujours
possibles, comme l'a prouvé l'éruption de mars 1998 : faisant
son petit bonhomme de chemin sans en avoir l'air, c'est au bout de quatre
mois d'éruption que la lave est arrivée à la Vierge
au parasol !
Or aujourd'hui, la situation n'est pas sans rappeler celle du Piton
Kapor. La lave ne s'écoule plus totalement à l'air libre.
Elle circule en souterrain, dans les tunnels qui se sont formés
ces quatre dernières semaines, désormais protégée
du refroidissement au contact de l'air. Gardant sa fluidité, elle
progresse ainsi par sauts, les tunnels se reformant après chaque
nouvelle sortie à l'air libre
Aussi n'est-il pas exclu, au cas où l'éruption durerait,
continuant à alimenter les tunnels qui se sont mis en place à
partir du Piton Morgabim, à 1900 mètres d'altitude, que la
lave se rapproche vraiment de la route de ceinture de l'île.
L'observatoire volcanologique, depuis une dizaine de jours, a noté
une augmentation soutenue du trémor qui pourrait accréditer
une telle hypothèse: alors que la plupart des éruptions du
Piton de la Fournaise durent trois semaines, celle-ci va bientôt
atteindre un mois d'existence. Et le Piton Morgabim a beau avoir l'air
de crachoter, il semble aussi vouloir prouver qu'il a encore de la lave
en réserve.
François Martel-Asselin
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Visible du Grand-Brûlé
Pour observer les coulées dévalant les Grandes pentes - ne
vous attendez pas, sauf exception, à quelque chose d'aussi spectaculaire
que le 12 octobre, premier jour de l'éruption - vous pouvez vous
poster, par exemple, sur la RN 2, dans les rampes du Tremblet, ou sur la
plate-forme d'observation de la coulée de 1976. Dans tous les cas,
n'encombrez pas la chaussée et prudence en traversant la route.
Munissez-vous d'une paire de jumelles.
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Le Piton Morgabim s'assagit
Le cône de l'éruption ressemble depuis plusieurs jours à
une vraie termitière selon l'expression d'un pilote d'hélicoptère
qui a encore survolé le site hier matin. Le Piton Morgabim est surmonté
comme d'une cheminée étroite, assez haute, aux parois extérieures
confinant à la verticale. On observe assez peu de projections. Plus
aucune coulée n'est visible dans ses abords depuis plusieurs jours.
La randonnée vers le site semble avoir perdu une bonne partie de
son attrait, sauf pour ceux qui ont raté les épisodes précédents.
Rappel : huit heures de marche aller-retour en terrain difficile sont nécessaires.
La préfecture, au vu des multiples interventions récentes
du Peloton de gendarmerie de haute montagne, rappelle qu'il s'agit d'une
randonnée difficile pour laquelle on doit s'équiper sérieusement.
Mercredi 8 Novembre 2000