La pré alerte plus que jamais en vigueur
64 séismes en 30 minutes hier
Alors que l'observatoire volcanologique, au vu de la situation stationnaire
qui prévaut depuis le milieu de la semaine, avait décidé
hier après-midi d'alléger son dispositif de veille, le Piton
de la Fournaise s'est soudain manifesté par une crise sismique de
trente minutes.
Cela fait vingt jours aujourd'hui que le volcan s'agite, alors que la fin
de sa dernière éruption (du 23 juin au 30 juillet) remonte
à guère plus de deux mois. Le nombre des séismes a
crû lentement au fil des jours, au point que l'observatoire volcanologique
a recommandé à la préfecture le passage en préalerte
mardi matin, l'éventualité d'une éruption n'étant
pas à écarter. Depuis, mise à part une fausse accalmie
de vingt-quatre heures ce jour-là, la situation était considérée
comme stationnaire, avec une quinzaine de séismes quotidiens, sans
aucune modification notable des autres paramètres (déformations
du sols, etc.).
Hier à 16h30, alors que les scientifiques venaient pour ces
raisons de proposer à la préfecture un allégement
du dispositif, une crise sismique a débuté brutalement. En
trente minutes exactement, soixante-quatre séismes se sont succédé,
avant que la crise ne cesse aussi subitement qu'elle avait démarré.
Mais, précise Philippe Kowalski, responsable technique de l'observatoire
"il s'agit d'événements très faibles, ne dépassant
pas six à sept secondes, toujours localisés à l'aplomb
du Piton de la Fournaise, au-dessus du niveau de la mer".
Le suspense se poursuit donc au volcan où beaucoup s'attendent
désormais à ce qui pourrait être la troisième
éruption de l'an 2000, après celles des 14 février
et 23 juin. Hier soir, du côté du gîte du Pas de Bellecombe,
courait la rumeur d'une fermeture de l'enclos dès ce matin. Pourtant,
après vérification auprès de l'observatoire volcanologique,
aucune recommandation en ce sens n'a été faite aux autorités.
A moins que dans la nuit
François Martel-Asselin
Samedi 7 Octobre 2000