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Tandis que l'éruption se poursuit

La caméra infrarouge révèle la température des fontaines de lave

Prévues mardi matin et reportées en raison de la météo, les opérations sur le terrain prévues par l'observatoire ont été écourtées hier par le mauvais temps. Plusieurs fontaines de lave à 1 150° subsistent, même si le niveau de l'activité baisse.

Au fil des jours, l'activité concentrée tout au long de la fissure éruptive avait fini par édifier un rempart. Désormais, avec le ralentissement de l'activité, un cône parvient à prendre corps avec l'accumulation des projections sur le pourtour d'un des points d'émission. C'est ce qu'a pu constater hier matin l'équipe de l'observatoire avant que la pluie ne se mette à tomber dru sur le massif du Piton de la Fournaise et ne l'oblige à regagner la Plaine-des-Cafres. De nouveaux prélèvements d'échantillons ont été opérés sur les coulées, pour tenter de détecter une éventuelle modification de la composition de la lave. Mais surtout, l'observatoire a testé pour la première fois sur une éruption la fameuse caméra infrarouge qui permet d'évaluer avec une grande précision les températures des objets ou des masses situés dans son champ de vision.
Expérimentée en octobre 1999, elle avait mis en évidence les coulées les plus récentes trois semaines après la fin d'une éruption, grâce à la faible chaleur qui s'en dégageait encore ! (notre édition de samedi dernier).

UNE MÉTÉO DANGEREUSE

Hier, les scientifiques ont pu obtenir une mesure de température à 1 150° en "visant" à l'aide de cette caméra la base des fontaines de lave, sans s'exposer aux projections. Une première à la Réunion réalisée avec la collaboration d'une société de maintenance portoise (EMOI) dont les responsables ont eu l'idée de cette application peu banale de la thermographie infrarouge habituellement mise en uvre dans un cadre industriel pour détecter, par exemple, des échauffements anormaux. L'opérateur de la caméra se trouvait donc hier matin au côté des scientifiques lorsque, malheureusement, les conditions météo se ensuite dégradées. D'autres opérations n'ont pu être menées à bien. Sur le plan de l'activité du volcan, le réseau de surveillance enregistre toujours des séismes sous le sommet.
Les coulées semblaient hier ne plus progresser, reflétant un certain affaiblissement de l'éruption.
De fortes pluies et le vent se sont abattus dans l'après-midi sur le massif de la Fournaise et au Pas de Bellecombe en particulier, où les gendarmes en poste se trouvaient une fois de plus "noyés" dans leurs tentes. Il faut savoir que les installations mises à leur disposition par la commune du Tampon sont de simples abris tendus de panneaux plastifiés sur les côtés qui ne montent même pas jusqu'à la hauteur du toit. Les gendarmes ont dû en obturer eux-mêmes à l'aide de bâches les interstices pour limiter l'entrée de la pluie et du vent. Ces derniers jours, en raison de ces conditions très précaires, certains avaient préféré passer la nuit dans leur fourgon, c'est dire...
François Martel-Asselin
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* Répondeur de l'observatoire volcanologique : 27-54-61.
* L'accès à l'enclos reste interdit. Les conditions météorologiques devraient rester médiocres aujourd'hui sur le massif du Piton de la Fournaise.

Jeudi 29 Juin 2000