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Volcan : trois journalistes surpris par la nuit et la fatigue sur le chemin du retour de l'éruption

Nouvelles évacuations à la Fournaise

Si les Anciens craignaient déjà Hephaïstos, que dire de la Fournaise aujourd'hui ? Inaccessible au public, en raison de la fermeture de l'enclos, l'actuelle éruption, difficile d'accès, ne se laisse pas approcher facilement, comme l'ont appris hier encore à leurs dépens trois journalistes évacués par la voie des airs.

A la suite d'un incident survenu le week-end dernier - un journaliste et un photographe du "Quotidien" dûment accrédités ayant regagné le pas de Bellecombe l'un au prix d'une erreur de parcours, l'autre grâce à l'hélicoptère, la préfecture décide lundi d'organiser un "voyage de presse" sur le site de l'éruption. L'autorité administrative mandate le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) pour assurer la sécurité de l'excursion et donne rendez-vous aux médias pour hier matin 7h au Pas de Bellecombe.
Un délai sans doute trop bref pour vérifier si les membres désignés par les différentes rédactions - vu la mésaventure du week-end - sont correctement équipés et physiquement aptes à entreprendre pareille expédition.
Il est 7 h hier matin lorsque six journalistes retrouvent au parking terminal du volcan les trois hommes du PGHM désignés pour les encadrer. De lourdes masses nuageuses stagnent sur l'enclos, le sommet de la Fournaise se détache de son lit d'ouate quand il ne disparaît pas Même en l'absence de pluie, impensable de se mettre en route dans de telles conditions : en effet, à quoi bon marcher près de huit heures aller-retour pour ne rien voir ?
Une heure et quarante-cinq minutes de valse-hésitation s'écoulent. Finalement, une large éclaircie permet d'espérer. A 8h45, le petit groupe s'ébranle. Le représentant du "Journal de l'île", peu inspiré par la météo, préfère renoncer. Deux journalistes d'Antenne Réunion, une journaliste du "Quotidien", un indépendant et un journaliste d'un quotidien régional breton entreprennent l'ascension de la Fournaise en compagnie des trois gendarmes du PGHM, par la montée du cratère Bory.
Très rapidement, des différences de niveau apparaissent dans le groupe, le temps d'atteindre le sommet, de le contourner par l'ouest pour gagner le Dolomieu Sud et le cratère Maillard, d'où il faudra plonger sur le site de l'éruption, situé au sud-est du
sommet.

A LA FAVEUR D'UNE BELLE ÉCLAIRCIE...

C'est à ce moment que le groupe retrouve trois autres visiteurs de la Fournaise, dont un photographe, partis au cur de la nuit mais restés bloqués ici par le mauvais temps. Une belle éclaircie engage le groupe à prolonger l'excursion alors qu'une descente de 700 mètres de dénivelé s'annonce. Fatale, cette fois encore, à certains organismes peu préparés à telle épreuve.
Au surplus, le spectacle de l'éruption se dérobe en quelques minutes avec le retour du brouillard. Ils ne s'approcheront pas à moins de plusieurs centaines de mètres des fontaines de lave et des coulées. Le temps de s'alimenter et de prendre ensuite le chemin du retour par le flanc Est du volcan. Plus court peut-être, puisque l'on évite la remontée vers le sommet de la Fournaise; encore faut-il franchir sans faiblir les coulées chaotiques les plus récentes du Piton Kapor et de l'éruption de février dernier. Il existe pourtant sur le flanc ouest une piste connue des initiés, plus longue et moins accessible au début, mais plus sûre et plus rapide ensuite.

MERCI L'HÉLICO....

Les choses se gâtent. La fatigue se faisant sentir, deux groupes se forment, chacun accompagné de gendarmes. Les journalistes d'Antenne Réunion et le journaliste métropolitain parviennent les premiers au Pas de Bellecombe, sans encombre. Quant à la journaliste du "Quotidien", au photographe et à l'indépendant, en train de piétiner dans les coulées du Piton Kapor, il n'avancent plus et ne rejoindront jamais le parking avant la tombée de la nuit. Décision est prise de faire appel à l'hélicoptère de la gendarmerie pour les évacuer. Il sera même nécessaire de tirer une fusée pour faciliter le repérage du groupe bloqué dans l'enclos du volcan alors que l'obscurité gagne.
Vers 18h15, les naufragés du volcan sont déposés, sains et saufs mais assez marqués physiquement, au parking du Pas de Bellecombe où ils récupèrent leurs véhicules pour regagner leur domicile. Grâce au recours à l'hélicoptère, ils ont évité une nuit dans le froid et sous la pluie à plus de 2 000 mètres d'altitude. Dure loi des séries.
François Martel-Asselin
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* Répondeur téléphonique de l'observatoire : 27-54-61

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Le point sur l'activité

Le temps très médiocre d'hier n'a pas permis aux scientifiques de procéder aux opérations de cartographie des coulées et aux prélèvements d'échantillons prévus hier matin. L'activité de fontaines de lave se poursuit avec des variations d'intensité du trémor tandis que la sismicité, toujours présente, reste sous surveillance.

Mercredi 28 Juin 2000