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SurLa route du spectacle: la coulée A 1,5 Km de la RN 2

Le théâtre du Tremblet affiche complet !

Le volcan ménage toujours ses effets quand il se donne en spectacle et les habitués de ses tours de magie guettent, dès qu'il se libère de ses flots d'or brûlant, les débordements qu'il offre généreusement à la vue des spectateurs qui n'ont pas forcément une âme de marcheurs. Les rampes du Tremblet ont une fois de plus servi de théâtre privilégié aux dieux du feu pour le plus grand bonheur des promeneurs du dimanche.

Les premiers signes du show annoncé sur la crête du Tremblet sont apparus samedi dans la nuit. De la route célèbre du Sud sauvage, à deux pas du site où Mayo a figé les gardiens de sa "Symbiose pour volcan et oiseaux", les regards ont pu apprécier en toute sécurité l'avancée des torrents de lave incandescente qui entamaient leur lente descente dans le maquis végétal pétrifié au fil de l'histoire et de ses éruptions mémorables. Comme le tam-tam dans la brousse africaine, les échos de ces préparatifs spectaculaires ont circulé hier dès les aurores. "On voit l'éruption de la route de Sainte-Rose !". De quoi détourner tous les aventuriers de la grande randonnée automobile dominicale de leur route familière entre plages et balades familiales pour rallier en colonnes serrées le littoral du Tremblet où la maréchaussée avait pris ses quartiers depuis la veille pour assurer le service d'accueil. Entre-temps, les dérives de l'éruption avaient eu le temps de creuser leur parcours, sculptant les rampes qui hier en fin d'après-midi montraient une plaie rougeoyante incurvée comme un vaste tremplin de ski que l'on aurait illuminé de néons flamboyants. Et les pélerins, au grand jour, avaient de quoi s'écarquiller les yeux pour capter à distance la lumière de ce foyer fantastique auréolé des voiles de noces unissant les cumulus aux nuées de fumée.
Admiratifs et béats, les enfants comme les grands, quittaient les voitures pour s'installer des heures durant sur les bas-côtés de la route, dans les gradins naturels de lave ancienne et fixer, méditatifs, les palpitations du volcan et la trace de ses fumées. Les prévoyants, équipés de jumelles, commentaient pour leur entourage les moindres péripéties du parcours liquide et les incendies de sa fusion progressive avec la nature. Et tous attendaient la fin du jour qui devait signer l'apothéose de la performance. Le soleil tirant sa révérence avait entrepris de farder les nuages surplombant le brasier et les lueurs orangées du foyer finirent de les flammer à mesure que la nuit s'avançait, laissant la vision féérique d'un ciel rouge visible à des kilomètres de là, servant de fanal aux voiturées qui n'ont cessé de ramener au Tremblet sa moisson de visiteurs nocturnes.
Marine


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Une nouvelle éruption 
toujours possible

L'observatoire a confirmé hier la persistance d'une activité sismique soutenue à l'aplomb du sommet du volcan tandis que la sismicité beaucoup plus discrète enregistrée dans la zone du Nez coupé de Sainte-Rose a progressivement cessé au cours de la nuit de samedi à dimanche. L'éventualité d'une nouvelle éruption n'est pas pour autant écartée.

Hier soir, quarante-huit heures après le début de l'éruption qui a débuté vendredi, la puissance des fontaines de lave avait bien diminué. D'ailleurs seules quatre étaient encore actives contre huit au premier jour. Néanmoins, la coulée qui s'échappe de la fissure qui s'est ouverte sur le flanc sud-est du Dolomieu, vers 1800 mètres d'altitude, a continué de progresser hier. Son front ne se trouve plus qu'à environ 1,5 kilomètre de la route nationale 2, à une altitude estimée entre 350 et 400 mètres. En fait, les observations aériennes d'hier ont permis de constater la présence de différents bras de coulées dont deux plus nettement individualisés. Celui parvenu le plus bas, en gratons, et un second vers 1200 mètres d'altitude, beaucoup plus fluide, progressant donc plus rapidement mais encore éloigné de 4 km de la RN 2.
Toutefois, les scientifiques, hier, se préoccupaient beaucoup plus de ce qui se passe sous terre que du spectacle devant lequel se pressent les visiteurs massés dans le Grand-Brûlé, surtout à partir de la tombée de la nuit ! En effet, depuis le début de l'éruption, une activité sismisque importante persiste à l'aplomb des cratères sommitaux, au-dessus du niveau de la mer. Le séisme de samedi estimé à une magnitude de 1,9 a ainsi été recalculé à 2,2. Hier en fin de journée, 17 événements avaient été comptabilisés.
Pour sa part, l'activité sismique beaucoup plus discrète liée à des phénomènes de micro-fracturation dans la zone du Nez coupé de Sainte-Rose, a cessé progressivement dans la nuit de samedi et dimanche. Pour Thomas Staudacher, directeur de l'observatoire, de permanence la nuit dernière, l'interruption soudaine de cette activité qui correspond à la progression des fissures en direction de la périphérie de l'enclos sous la poussée du magma n'est peut-être que provisoire : "On ne sait pas", avoue-t-il. En tout cas, la station sismique du sentier botanique de Mare-Longue, au sud du massif de la Fournaise, n'a jusqu'alors pas enregistré d'activité suspecte. Mais "la possibilité d'une nouvelle ouverture sur le sommet est toujours d'actualité" selon la préfecture.
F. M.-A.

Lundi 26 Juin 2000