Volcan : Après une journée stationnaire
Nouvelle augmentation de la sismicité hier soir
Depuis la préalerte déclenchée mardi, les scientifiques
de l'observatoire volcanologique demeurent plus que jamais vigilants.
Considérée comme stationnaire hier après-midi, la
situation au volcan a un peu évolué dans la soirée
: au fil des heures, le réseau de surveillance de l'observatoire
a enregistré une augmentation progressive du nombre de séismes.
Comptabilisés sur des périodes de vingt-quatre heures, de
0h à minuit en temps universel (soit de 4h du matin à 4h
le matin suivant en heure locale), on en dénombrait déjà
75 hier soir vers 22 heures contre 45 la veille à la même
heure. S'agit-il d'une agitation passagère comme on en note fréquemment
ou d'une tendance à plus long terme ?
En tout cas, après la sismicité profonde apparue il y
a une douzaine de jours qui a laissé place à une sismicité
superficielle depuis lundi, le doute n'est plus guère permis sur
la probabilité d'une reprise d'activité du volcan.
A l'observatoire, tout est prêt : une équipe s'est rendue
mardi sur le flanc est du volcan pour s'assurer du bon fonctionnement d'un
sismomètre. Annulée pour cause de mauvais temps hier, une
série de mesures sur le terrain doit être effectuée
ce matin.
La Fournaise n'a qu'à bien se tenir
F. M.-A.
------------------------- Les phases d'alerte -------------------------
- La préalerte décrétée mardi correspond,
aux termes du plan de secours spécialisé (PSS) éruptions
volcaniques publié en 1992, à "une situation d'activité
géophysique anormale". Le niveau de sismicité atteint ce
jour-là en constitue un exemple après la sismicité
profonde des jours précédents.
Cette situation peut se terminer par un retour à un niveau d'activité
normal (préalerte levée), se maintenir pendant une période
quelconque (d'un jour à plusieurs semaines) ou déboucher
sur une crise éruptive (on passe en alerte).
- Alerte n° 1 : éruption imminente. "L'observatoire
détecte les signes d'une crise intrusive qui selon toute probabilité
se traduira par une sortie de lave". L'accès à l'enclos devient
interdit. En l'absence de sortie de la lave, il est possible de revenir
en préalerte.
- Alerte n° 2 : éruption dans l'enclos.
- Alerte n° 3 : éruption hors enclos. "Cette étape
traduit la détection d'activité vers les zones basses". Les
communes de la côte sont averties du risque de coulées.
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Sur le pied de guerre pour la 5 / Arte
Présents à la Réunion de puis une dizaine de jours,
le réalisateur Henri Martin-Delpierre et son opérateur Patrice
Long ont passé la nuit de mardi à mercredi à l'observatoire.
A la Réunion pour quatre semaines au moins, ce n'est pas tant une
éventuelle éruption qu'ils traquent: leur objectif est avant
tout, à travers un film de 52 minutes coproduit par Génération
V. et la 5 / Arte, de montrer la vie quotidienne des scientifiques, à
l'observatoire et sur le terrain. Très peu d'interviews, mais des
images, des scènes pour faire comprendre comment les chercheurs
surveillent le volcan. Henri Martin-Delpierre, rompu aux documentaires
au long cours - il est notamment l'auteur d'une série sur les virus
émergents qu'a diffusée RFO - avoue sa préférence
pour le travail en petite équipe comme ici : "A deux, on se fait
oublier des gens que l'on côtoye et on peut les filmer sans les gêner".
La probabilité d'une éruption l'enthousiasme-t-il ? Il ne
le dissimule pas, tempérant tout de même : "Nous ne sommes
pas venus pour le spectaculaire. Si c'est une facette de plus du travail
des scientifiques, tant mieux mais ce n'était pas essentiel dans
notre démarche".
Fruit d'un tournage où le réalisateur doit sans cesse
s'adapter aux réalités au prix ensuite d'un imposant travail
de montage, le film ne devrait pas être diffusé avant plusieurs
mois. Au fil des années, on note l'intérêt croissant
des télévisions françaises et étrangères
qui multiplient ce type de documentaires scientifiques auxquels la Fournaise
sert de plus en plus souvent de cadre.
Jeudi 22 Juin 2000