MAISON DU VOLCAN: LES VOLCANS VUS DU CIEL ET CEUX QUI AGITENT
L'ÂME DE L'ARTISTE FONT BON MÉNAGE
Rêves de genèse

La volcanologie et les arts plastiques ont en commun l'étude du
processus de création. De surcroît, lorsque les oeuvres expriment
le tellurisme et parlent de conception, de procréation, de naissance,
de dualité, d'union la symbiose est telle que la question existentielle
refait surface comme aux premiers jours de la réflexion.
La Maison du volcan propose actuellement une double exposition: "Couleurs
kartié", qui est une exposition de tableaux à l'huile de
trois jeunes peintres de la Plaine-des-Cafres et "Des volcans vus de l'espace",
qui est un montage visuel et sonore sur les plus beaux volcans actifs de
notre planète.
La première rassemble trois peintres: Cédric Padré,
François Gonthier et Bernard Dohnal. Surréaliste sans être
tout-à-fait abstrait, allégorique certainement, Cédric
déroule en volumes et en couleurs à peine saturées,
une peinture qui cherche sa raison d'être: transplanter le réel
ou exorciser l'artiste de sa vision tourmentée des éléments.
Rêve utérin, matrice omniprésente, génétique
des formes plus que genèse des volutes ses toiles sont union et
désunion, duo ou mixité les opposés s'assemblent,
se ressemblent, dans une large fresque dont chaque toile pourrait, à
l'image du seul triptyque exposé, conter l'histoire de la procréation.
François Gonthier pose des paysages, brosse des portraits qui ont
le mérite d'être tout de suite reconnus. Il leur donne de
la force en les rehaussant de couleurs dominantes: bleus verts, blanc qui
privilégient la nature, imposante et indomptable, issue d'une chimie
incontrôlable. Quant à Bernard Dohnal, qui transgresse la
réalité visuelle de la Réunion par des couleurs vives,
saturées et plutôt chaudes il aborde avec optimisme la queste
de tout un chacun en couchant sur ses toiles le "Paradis" réunionnais
Mon île. Vus d'en haut, de très haut, de 800 kilomètres,
la création, ce sont des formes diverses, parfaitement découpées
sur un fond uniforme comme l'eau de la mer, surmontées de petits
cercles-cratères qui sont autant de matrices de l'expansion de la
terre de feu où tout ce qui existe, y compris l'artificiel des villes,
se fond dans un patchwork apparemment harmonieux.
Jipsan

Lundi 19 Juin 2000