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Alors que l'éruption se poursuit, la préfecture en appelle au bon sens des visiteurs

Le volcan à nouveau ouvert au public

A la veille du week-end prolongé du 14 juillet, le préfet a finalement décidé de lever l'interdiction d'accès à l'enclos en vigueur depuis trois semaines. Mais au-delà de la simple question de l'accès à l'éruption, déjà difficilement envisageable, il y aussi la météo qui n'autorise guère d'espoir: elle a découragé les tentatives de balisage d'un trajet vers le site.

Le préfet Jean Daubigny y est allé en quelque sorte de son mea culpa hier soir, lors d'une conférence de presse organisée à la hâte: "Nous ne pouvons pas nous réfugier dans des interdictions systématiques et durables", reconnaissait-il, comme en écho à des protestations répercutées de-ci de-là. De toute façon, peut-on se consoler, le mauvais temps qui sévit depuis quinze jours n'a de toute façon permis à personne ou presque de se rendre sur le site de l'éruption. Même les scientifiques de l'observatoire sont privés de terrain.
Néanmoins, et alors que la météo s'annonce toujours aussi désastreuse pour aujourd'hui encore, on peut donc à nouveau se rendre sur le Piton de la Fournaise. Pour le plus grand soulagement des touristes de passage dans l'île, privés d'une excursion au sommet du volcan annoncée comme le morceau de bravoure de leur séjour à la Réunion.

RECONNAISSANCES PEU ENCOURAGEANTES

"Même si rien ne garantit que la situation ne peut pas changer, la perspective d'une autre éruption comme l'observatoire en attendait peut-être une est pour l'instant écartée", rapporte le préfet pour expliquer la réouverture de l'enclos. Et tant pis donc pour la météo, comme le confirment "les bulletins spéciaux pour le volcan que Météo-France (nous) fait parvenir deux fois par jour".
"Nous avons péché par optimisme", avoue encore Jean Daubigny en évoquant l'annonce faite par la préfecture, il y a une semaine tout juste, de la mise en place prochaine d'un balisage vers le site de l'éruption par le PGHM et l'ONF. La tentative effectuée vendredi dernier par des hommes du Peloton de gendarmerie de haute montagne ne s'est pas révélée très encourageante : "On ne s'attendait pas à une période de mauvais temps prolongée certes, mais le trajet envisagé n'a même pas pu être défini correctement : il est d'une technicité et d'une dangerosité plus importante qu'on l'envisageait". Et le préfet de réévaluer à la hausse le temps de parcours déjà annoncé il y a une semaine pour neuf heures de marche aller-retour à près de douze heures ! Les gratons en sont la cause
Même si la sentence n'est pas tombée hier, il est donc peu probable que le parcours soit balisé d'ici la fin de l'éruption. "Elle se situe dans une zone lointaine et, comme le concède Jean Daubigny, on n'avait pas eu l'habitude d'aller de ce côté du volcan depuis longtemps". Pourtant "il n'est pas question d'en rester là", souligne-t-il en reconnaissant, dans un sursaut estimable, qu'il y a sans doute eu un manque de communication avec le public.
Pris entre le souci "de ne pas exposer les gens au danger" et celui "de ne pas confisquer le volcan", la préfecture a donc décidé de s'en remettre au bon sens d'un public dûment averti. Dès aujourd'hui, la gendarmerie va installer un service d'accueil au Pas de Bellecombe: des hommes seront là pour conseillers les marcheurs tandis que l'ONF va s'employer à mettre en place des panneaux d'information explicites pour éviter toute prise de risques. Pas question d'interdire d'aller vers l'éruption, mais une telle randonnée "est vivement déconseillée", ne serait-ce qu'en raison des jours très courts de l'hiver austral, de la météo, du terrain difficile et donc de la condition physique nécessaire, autant de critères éliminatoires pour un randonneur moyen.
Les trois opérations d'évacuation déclenchées durant la première semaine de l'éruption ont servi de leçon à certains. Il est inutile de mobiliser encore les services de secours, a adjuré le préfet qui s'en remet au bon sens de chacun en recommandant de se contenter de la classique excursion vers le sommet par les sentiers balisés ou d'une randonnée sur le GR vers le Nez coupé du Tremblet en bordure de l'enclos si le temps le permet !
François Martel-Asselin

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* Gare à une possible accalmie (trompeuse) ce matin. Météo-France prévoit en effet une nouvelle dégradation cet après-midi pour le massif du volcan. Pour "voir" le temps en direct au volcan sur Internet, allez sur <http://perso.wanadoo.fr/meteovolcan/volcan.htm>, le tout nouveau site des caméras de la Fournaise mis en place par Météo-France et l'observatoire volcanologique / IPGP, présenté dans notre édition d'hier: il avait enregistré hier soir plus de 500 connexions pour sa première journée "officielle" !
* Répondeur téléphonique de l'observatoire: 27.54.61.

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Pârvédi, symbole 
de la naissance du feu

L'observatoire volcanologique a baptisé hier le nouveau cône de l'éruption en cours, né sur le flanc sud-est du volcan. Nommé Piton Pârvedi, il célèbre "cette divinité féminine célébrée depuis toujours dans les lieux de l'hindouisme réunionnais comme symbole de la naissance du feu, feu de la conscience, conscience de la sagesse". "Elle devient Kamatssi et plus populaire dans l'île lorsqu'elle apparaît sur les petites lampes à huile", ajoute Thomas Staudacher, responsable de l'équipe scientifique installée au 27e kilomètre de la Plaine-des-Cafres.
Après Kapor (mars 1998), Célimène (février 2000) et aujourd'hui Pârvédi, nommés en hommage à la culture réunionnaise simultanément à Hudson (mars 1998), Dupavillon (septembre 1999) et Legros (février 2000), l'observatoire pense élargir encore à l'avenir la toponymie de l'enclos en faisant appel à d'autres noms issus des cultures de l'océan Indien.
Le Piton Pârvédi, aux dernières nouvelles, se porte bien, même si personne ne semble l'avoir approché depuis vendredi dernier en raison du mauvais temps. Haut de vingt-cinq mètre environ, il s'étire sur une centaine de mètres de longueur dans sa plus grande dimension, pour cinquante mètres de large.
Hier soir, le trémor qui reflète l'activité, après avoir accusé une baisse depuis trois jours, était revenu à un niveau assez élevé. On n'en sait pas plus !

Vendredi 14 Juillet 2000