
UNE IMAGE PAR HEURE
Justement, parlons-en de la météo: pas bien gai le tableau.
Vous vous en rendrez compte suffisamment vite : l'image disponible à
l'écran hier donnait une bien piètre idée de dame
Fournaise, bloquée sur la situation de 13h30. L'absence presque
totale d'ensoleillement depuis le 28 juin, déplore Philippe Kowalski,
responsable technique de l'observatoire, a mis à mal les batteries
alimentées par des panneaux solaires Or, sans courant, les fameuses
caméras sont tombées malencontreusement "en rideau" hier
matin, faute d'énergie. Les scientifiques, pour parer au plus pressé,
vont d'ailleurs dès aujourd'hui s'employer à remplacer les
batteries sur les relais, gros consommateurs, les plus précieux
pour eux, puisqu'ils permettent d'acheminer les signaux des stations sismiques
par exemple. Autant dire que les caméras risquent d'attendre un
peu Assez curieusement, la mise sur le Net des images envoyées depuis
l'enclos a été rendue possible grâce à une collaboration
entre l'Institut de physique du globe (IPG de Paris), qui gère les
observatoires volcanologiques français, et Météo-France
qui souhaitait récupérer les images acquises par l'observatoire
pour son usage interne, pour mieux "voir" ce volcan à la météo
si fantasque. Il a suffi, explique Laurent Perron, directeur adjoint de
Météo-France, d'installer un simple PC (ordinateur) à
l'observatoire et de brancher une ligne téléphonique sur
le centre météorologique du Chaudron où l'image est
envoyée par système FTP une fois par heure, automatiquement.
C'est alors que l'Institut de physique du globe a eu l'idée d'offrir
au public les images du volcan en installant sur son propre site Internet
un lien vers le site interne créé par Laurent Perron. Pourtant,
il faut se garder d'un excès d'enthousiasme en raison des limites
techniques de l'ensemble. Les caméras de l'observatoire ne sont
que des modèles proches des caméras de vidéosurveillance,
à la définition relativement limitée (très
rustiques, elles étaient prévues à l'origine pour
la surveillance du volcan Niragongo, au Zaïre). Et si l'observatoire
dispose d'une image nouvelle toutes les cinq minutes, l'ordinateur de Météo-France
n'en sélectionne qu'une seule par heure entre 5h40 et 16h40, heure
locale.
Comme le suggérait déjà le "Journal de l'île"
il y a dix-huit mois, la Région (pour l'impact touristique) et le
Département (dans le cadre de ses subventions au fonctionnement
de l'observatoire) pourraient fort bien aider au développement d'un
véritable produit Internet grand public d'intérêt touristique
local et rayonnant à l'extérieur de l'île. Quelle compagnie
d'hélicoptère ou quel hôtelier n'a pas rêvé
de garantir à ses clients la météo sur la Fournaise
? La Réunion pourrait ainsi entrer dans la cour des grands, Hawaii,
la Sicile, le Japon parmi d'autres, qui montrent déjà leurs
volcans.
François Martel-Asselin
Jeudi 13 Juillet 2000