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Volcan

La réouverture de l'enclos repoussée

Une reconnaissance effectuée hier a conclu à la nécessité d'un lourd travail de balisage vers le site de l'éruption, à près de neuf heures de marche aller-retour du Pas de Bellecombe.

L'éruption du 23 juin, entrée hier dans sa troisième semaine, a donné naissance à un cône de près de 25 mètres de hauteur, de forme légèrement ovale, long d'une centaine de mètres pour 50 mètres de largeur déjà !
Au fil des jours, l'activité se poursuit à un rythme soutenu mais avec des variations dans les phénomènes visibles. Ainsi le niveau du lac de lave, observé très bas dans le cratère jeudi matin, atteignait la mi-hauteur du cône hier. Du coup, les projections montaient à 25, voire 30 mètres de hauteur hier contre une dizaine à peine la veille, arrosant les pourtours du site de paquets de lave incandescents.

LE RISQUE MÉTÉOROLOGIQUE

De même, une nouvelle coulée s'échappait hier de la base du cône, installé à 1 800 m d'altitude environ sur le flanc sud-est du volcan, en complément de celle déjà observée la veille, quelques centaines de mètres en aval. En raison de la topographie, elle se dirigeait vers le nord-est avant de reprendre une direction est. Toutefois, elle atteignait à peine le cassé qui marque la limite des Grandes pentes et la descente vers le Grand-Brûlé. Hier, une équipe du Peloton de gendarmerie de haute montagne dirigée par l'adjudant-chef Emin a procédé à une reconnaissance en vue d'évaluer la possibilité de rouvrir l'enclos au public. Déposés dans la matinée par l'hélicoptère, les hommes du PGHM ont entrepris à pied le retour vers le Pas de Bellecombe. De leur rapport ressort la difficulté du balisage du long parcours vers l'éruption, indiquait hier soir la préfecture. Marquage à la peinture, pancartes, consignes de sécurité : il faudra sans doute plusieurs jours d'aménagement, estime l'administration qui souligne la difficulté d'accès au site. Son éloignement ("neuf heures de marche aller-retour pour des marcheurs confirmés"), doublé du risque météorologique dans ce secteur de l'enclos, imposent des conditions de sécurité plus importantes que d'habitude. Les opérations de secours déclenchées à trois reprises depuis le début de l'éruption sont là pour le prouver.
Reste à espérer que le balisage sera terminé avant la fin de l'activité.
François Martel-Asselin

Samedi 8 Juillet 2000