Un temps plus clément a permis hier matin d'aller savoir de quoi il retournait réellement. Après s'être fait déposer en hélicoptère à proximité du site éruptif, les scientifiques ont procédé à de nouveaux échantillonnages sur les coulées actives, en fait "quelques débordements en dessous des cratères Ducrot et Gérente", comme le rapportait hier soir à son retour du terrain Thomas Staudacher, responsable de l'observatoire, qui décrivait de toutes petites coulées de laves cordées émergeant au milieu de coulées de scories, à une altitude de l'ordre de 1800 mètres.
En fait, on note la présence de deux coulées sur le flanc sud-est du volcan, l'une - figée - au nord du Signal de l'enclos et l'autre au sud de ce cratère (voir carte IGN au 1/25000), toutes deux issues des fissures de l'éruption du lundi 19 juillet. La seconde s'est mise en place vendredi soir, à l'occasion du regain d'activité qui avait alerté l'observatoire; c'est elle qui reste encore un peu active. Elles mesurent de cent à plus de deux cents mètres de large à leur maximum.
Outre leur aspect pour le moins peu spectaculaire, ces coulées sont au demeurant presque impossibles d'accès pour le grand public. Malgré leur entraînement, les scientifiques chargés de leurs échantillons ont mis près de quatre heures pour regagner, en partie sous la pluie et à pied cette fois, le pas de Bellecombe.
Le niveau de l'activité était analysé hier soir à partir des enregistrements du réseau de surveillance du volcan comme le plus bas depuis ces jours derniers.
François Martel-Asselin
Mercredi 28 Juillet 1999