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On croyait le Piton de la Fournaise en train de s'assoupir après son coup d'éclat de lundi

Une nouvelle éruption a débuté hier soir

Déjouant une fois de plus tous les pronostics, le Piton de la Fournaise - que l'on croyait en train de se rendormir après son éruption-surprise du début de cette semaine - est à nouveau en activité depuis hier soir.

Lundi dernier, 19 juillet, à 18h52, le Piton de la Fournaise sort brutalement de son sommeil, dix mois tout juste après la fin de "l'éruption du siècle" de mars 1998, qui a duré 196 jours. Sans prévenir. Un de ces coups d'éclat dont de la volcan de la Réunion a le secret puisque la crise qui l'a précédé n'a pas duré plus d'une demi-heure et, surtout, les scientifiques qui en assurent la surveillance n'avaient pas noté de signes précurseurs significatifs. Coup d'éclat mais aussi feu d'artifice pouvait-on penser puisque dès mardi, les signaux enregistrés par l'observatoire volcanologique commencent à faiblir. Mercredi, l'éruption touche même à sa fin: les coulées se figent, les projections cessent. La fissure béante qui traverse le cratère Dolomieu et le flanc est du cône terminal se tarit tandis que les coulées viennent mourir vers 1800 mètres d'altitude.
Rassurée sur l'évolution de la situation, la préfecture réautorise l'accès à l'enclos jusqu'alors interdit au public. Au cours de la journée de jeudi, environ quatre cents visiteurs, profitant d'une journée froide mais ensoleillée (voir notre édition d'hier) se lancent à l'assaut des pentes de la Fournaise et gagnent le site de l'éruption, recueillant les premiers échantillons de lave nouvelle !

L'OBSERVATOIRE VOLCANOLOGIQUE VEILLAIT

Dans le même temps, une équipe de l'Office national des forêts, accompagnée d'hommes du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), balise le site en vue d'assurer la sécurité des curieux qui ne vont pas manquer d'affluer ce week-end.
La journée d'hier n'a pas cependant pas ressemblé à celle de jeudi: le retour du soleil ne s'est pas confirmé, bruine et brouillard régnant quasiment toute la journée. On n'a donc pas assisté au cours de la journée de vendredi à une semblable ruée de visiteurs, bien au contraire même !
En dépit de l'arrêt de toute activité visible (ni coulées, ni projections depuis mercredi), l'observatoire volcanologique continuait cependant d'enregistrer des signaux indiquant que le Piton de la Fournaise n'est pas tout à fait assoupi. De ce fait, les scientifiques continuaient depuis d'assurer une surveillance 24 heures sur 24.
Hier soir, Thomas Staudacher, directeur de l'observatoire, qui assure son tour de permanence, constate dans le courant de la soirée des variations dans le trémor. Le trémor, c'est un peu l'équivalent d'un électrocardiogramme pour le cur humain, il donne la mesure des pulsations du volcan et témoigne de la circulation du magma dans l'édifice. Alors que la veille encore, tout activité arrêtée, on attribuait les vibrations du sol enregistrées par les sismomètres au dégazage consécutif à l'éruption, il pense cette fois que la météo joue des tours au réseau de surveillance du volcan: une forte houle, le vent, une pluie battante peuvent en effet brouiller les instruments. Mais au fil des minutes, l'augmentation du trémor ne laisse plus place au doute. Il est 22h05.
Des gendarmes de retour de patrouille dans la région du Grand-Brûlé, sur le littoral Est, au pied du massif de la Fournaise confirment : ils ont bien aperçu une lueur, mais le ciel bouché n'a pas permis une localisation très précise. Rappelés dès l'alerte lancée, deux scientifiques de l'observatoire prennent la direction du Pas de Bellecombe et se mettent en route à pied pour le Piton de Partage. Las ! le mauvais temps empêche toute reconnaissance visuelle. Un peu plus tard, les gendarmes rendus au Pas de Bellecombe aperçoivent cependant une lueur qu'ils décrivent comme intense.
Les instruments permettent de confirmer approsimativement le nouvel événement qui secoue la Fournaise ce soir: l'analyse des signaux relayés par radiotransmission depuis les nombreuses stations qui jalonnent l'enclos semble indiquer que la nouvelle sortie de lave s'est produite dans la même zone que lundi, sans doute à partir de la même fissure qui avait déchiré le flanc est - sud-est des cratères terminaux. En revanche cette fois, pas d'activité dans le cratère Dolomieu : la sonde de température de la station qui y est installée à demeure n'a pas enregistré d'augmentation de la température contrairement à lundi dernier où le thermomètre avait brutalement grimpé de 10° !
Des reconnaissances devraient être effectuées dès ce matin pour déterminer la nature de l'activité, si la météo le permet.
François Martel-Asselin
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* La météo en direct par Météo-France au 08.36.68.02.02 (2,02 F la minute).
* Le point sur l'activité par l'observatoire volcanologique au 27.54.61.


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Accès à l'enclos à nouveau interdit

Après la réouverture de l'enclos au public, jeudi matin, le rideau se baisse à nouveau sur le Piton de la Fournaise, la préfecture ayant pris hier soir une décision de fermeture en attendant une reconnaissance pour s'assurer de l'activité qui a débuté hier soir vers 22 heures sur le flanc est du volcan.
Pas question d'aller se promener aujourd'hui dans l'enclos donc

Samedi 24 Juillet 1999