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ALORS QUE L'ÉRUPTION DANS LE DOLOMIEU TOUCHE À SA FIN

Affluence de curieux au volcan

La Fournaise a interprété hier la danse des sept voiles. Jouant à cache-cache avec les nuages Elle s'est tantôt dévoilée, tantôt cachée une bonne partie de la matinée. Bien que l'éruption soit terminée, un public nombreux a gravi les pentes du Dolomieu et contemplé le géant assoupi.

Cinq heures du matin sur le parking du Pas de Bellecombe. Pas un chat. Les gendarmes ont levé le camp. La préfecture a rendu le volcan à ses admirateurs, mais contrairement à mars 1998, il n'y a pas foule.
Il est vrai que l'éruption tire à sa fin. Beaucoup plus dissuasif, un épais brouillard humide noie le paysage comme les jours précédents, de quoi décourager le plus décidé des randonneurs.
Départ, le corps parcouru de frissons. Descente du Pas de Bellecombe vers l'enclos à la lumière tremblotante d'une torche électrique et traversée en direction de la Chapelle de Rosemont, point de départ de l'ascension vers le Dolomieu.
Et là, comme pour se faire pardonner, le volcan nous offre un spectacle extraordinaire. Le moindre rocher, le plus petit caillou est recouvert d'une épaisse couche de givre. Impression d'avancer dans un paysage couvert de neige. L'illusion est d'autant plus forte que le brouillard ne s'est toujours pas levé. Chaque pas se fait dans une ambiance ouatée.
Toujours personne à l'horizon. En escaladant le Dolomieu, les nuages se déchirent quelques instants pour dévoiler le Piton des Neiges et la Roche Ecrite.
Au sommet, déception. Comme les jours précédents, le cratère principal est comblé par la brume. Les conditions météorologiques sont épouvantables : vent violent, pluie et surtout le froid qui transperce les os. Petite poussée jusqu'au cône adossé au rempart du Dolomieu. Bien que l'activité se soit très nettement calmée, il dégage un épais nuage de fumée. L'air empeste le souffre. Les scories brûlent les chaussures. Sous les pieds, le sol tremble en pulsations régulières. En s'adossant au rempart, on sent respirer la terre.
Le mauvais temps semble vouloir s'installer durablement sur le massif du Piton de la Fournaise. Une seule chose à faire, prendre le chemin du retour si l'on ne veut pas geler sur place. Bravant les intempéries un couple avance bravement vers le cône constellé de tâches jaunes de souffre qui font des tâches de couleurs dans cet univers de grisaille.
Et soudain, le rideau se déchire. Le soleil émerge d'une mer de nuages qui vient lécher le sommet du Piton des Neiges. Le Dolomieu montre ses cicatrices récentes sous un ciel redevenu bleu. Comme s'ils n'attendaient que ce signal, ils sont dix, il sont vingt, ils sont plusieurs centaines à partir à l'assaut du volcan. Le flux ne se tarira pas de la journée. Le Piton de la Fournaise a retrouvé son public.


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Une randonnée de 5 heures
pour 12 kilomètres


Pour se rendre sur la zone de l'éruption, encore tout à fait digne d'intérêt (fumerolles, cône, dépôts jaunes de soufre), compter environ 5 heures (4 heures de marche + 1 heure d'arrêt). Evaluation à moduler en fonction de votre degré de forme.
Outre la description déjà donnée dans notre édition d'hier (en résumé : une douzaine de kilomètres aller-retour; au départ du Pas de Bellecombe, direction la chapelle de Rosemont juste après laquelle il faut emprunter la voie de gauche qui monte - par trop péniblement - vers la Soufrière. Compter environ 20 minutes à partir de ce dernier point pour gagner la zone de l'éruption, en longeant le cratère Dolomieu par l'est).
Attention : si vous effectuez la montée par l'embranchement de droite, vers le cratère Bory, vous ne pourrez pas faire le tour des cratères : le franchissement de la fissure éruptive pour rentrer par la Soufrière est interdit. Vous seriez condamné à refaire tout le tour en sens inverse, ce que nous ne vous souhaitons pas.
Sur le site, respectez le balisage mis en place par l'ONF et la gendarmerie. Des fissures non visibles (recouvertes de projections) et des blocs de scories instables sur la fissure principale constituent des pièges réels. Evitez d'approcher les bords du cratère Dolomieu (surplombs dissimulés), déstabilisés par les secousses enregistrées durant l'éruption.


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Le point
sur l'activité

L'éruption qui a débuté ce lundi 19 juillet à 18h52 dans le cratère Dolomieu et sur son flanc sud-est n'est pas encore officiellement terminée. L'observatoire volcanologique continue en effet d'enregistrer un trémor malgré l'arrêt de toute activité visible depuis mercredi en cours de journée: les scientifiques ont constaté que les coulées étaient figées et ils ont assisté au dernières projections du cône adossé à la paroi sud-est du cratère Dolomieu. Le phénomène de fort dégazage observé mercredi (notre édition d'hier) a cessé. La surveillance se poursuit cependant.

--------------- Bon à savoir ---------------

Météo.- Il ne suffit pas de regarder le bulletin météo du soir, la région du volcan possède sa météorologie souvent imprévisible, capricieuse en tout cas. Le temps peut changer en l'espace de quelque minutes. N'oubliez pas le service audiotel de Météo-France (la météo en direct, 08.36.68.02.02 - à 2,02 F la minute) qui fournit de précieuses indications, heure par heure, sur la pluviométrie, la température, la vitesse du vent, l'ensoleillement, au Baril, au gîte de Bellecombe et à Piton Sainte-Rose pour la région sud-est.

Pluie.- Etre pris par la pluie en cours de route, passe encore. Se mettre en route sous la pluie relève d'une certaine inconscience: si vous vous sentez suffisamment "costaud", votre entourage (personnes peu en forme, enfants) l'est peut-être beaucoup moins et de mauvaises conditions risquent de gâcher la journée de tous.

Enfants.- N'emmenez pas d'enfants en bas âge: ils se découragent en général assez vite. Or cette randonnée sera très longue pour eux, avec le risque de conditions éprouvantes. Transporter un jeune enfant sur son dos, même dans une claie de portage adaptée, comporte de sérieux risques: en cas de chute du porteur (choc et blessures sur la lave); par mauvais temps (l'enfant immobile se refroidit très vite, même bien habillé). La déshydratation survient très vite chez les plus petits.

Vêtements.- En cette période d'hiver austral (températures négatives la nuit et inférieures à 10° la journée le plus souvent même si un bon ensoleillement donne une impression de chaleur), anorak, bonnet, gants (froid et protection des mains en cas de chute) ne sont pas superflus. Ne riez pas: certains l'ont compris à leurs dépens ces jours derniers. N'oubliez surtout pas un véritable vêtement imperméable (cape de pluie par exemple) pour éviter de marcher mouillé et transi (coupe-vent insuffisant, poncho peu pratique car s'envole au vent !). Impératif: laissez des habits secs et des serviettes à la voiture pour le retour.

Chaussures.- Pour monter au volcan, beaucoup se contentent d'une bonne paire de chaussures de sport mais on peut faire mieux (chaussures montantes) pour éviter les entorses fréquentes sur ce genre de terrain.

Nourriture.- Prévoyez quelques fruits secs faciles à atteindre pour le parcours et un pique-nique propre à assurer le moral des troupes, ni trop lourd, ni trop encombrant. N'abusez pas des barres de confiserie et des sodas.

Boisson.- 1,5 litre d'eau par adulte semble la quantité recommandée pour une randonnée comme celle-ci. Pour économiser, buvez avant de vous mettre en route. Buvez même en l'absence de sensation de soif, souvent et par petites quantités. Vous récupérerez d'autant plus vite de vos efforts et écarterez le risque de crampes.

Sécurité.- Même si vous avez prévu de rentrer bien avant la tombée de la nuit Mieux vaut emporter une lampe de poche et - pourquoi pas - un sifflet. Sachez que le téléphone portable fonctionne de manière très aléatoire dans l'enclos du volcan. La présence d'un relais de la SRR ne garantit pas les communications, même en vue directe du Piton de Partage, en fonction des conditions météo. Et de nombreuses "zones d'ombre" existent en fonction de la topographie des coulées !

Vendredi 23 Juillet 1999