Volcan
Une éruption qui n'en finit pas de s'achever

A son vingtième jour, l'éruption du 28 septembre se poursuivaithier, avec des fluctuations dans le trémor, un fort dégazagesur le cône au sommet du Piton de la Fournaise et une couléetoujours active dans le sud de l'enclos.
Inépuisable, le volcan n'en finit pas de s'épancher. Pourle plus grand plaisir des visiteurs, venus encore hier à plusieurscentaines sur le site, même si l'on ne peut guère approcherle spectacle. Un important panache de vapeur et de gaz s'échappetoujours du cône installé légèrement en contrebasdu cratère Dolomieu, sur son flanc sud, vers 2500 mètres d'altitude.On en perçoit les effluves dès l'arrivée au sommetde la Fournaise par le sentier du cratère Bory, avant mêmed'avoir contourné ce dernier. Le cône et ses alentours sonttapissés d'importants dépôts de soufre jaunes. A l'intérieur,une bouche aux parois portées à l'orange vif laisse échapperun souffle permanent, des gaz dont la température peut êtreestimée à au moins 1200 degrés, qui troublent l'airambiant déjà surchauffé. Toutes les quelques minutes,elle expulse à une verticale presque toujours parfaite des lambeauxde lave rougeoyants. Ils atteignent six-sept mètres de hauteur toutau plus avant de retourner mitonner dans leur chaudron d'origine !
Très loin dans le sud de l'enclos, entre le Piton de Bert et le Nezcoupé de Sainte-Rose, à 1850 mètres d'altitude, onne devine que rarement la présence de la coulée qui s'estmise en place au cours du week-end précédent à partird'une fissure qui a recoupé le cratère de Villèle,né lui-même il y a vingt-sept ans: aucune fumée ne lasignale la plupart du temps. Pourtant, elle est bien là, toujoursactive, comme en témoignent de multiples débordements observésentre le point de naissance et le front de la coulée. La lave s'épanchedoucement, avec une puissance que rien ne peut réfréner, enforme de boudins qui donneront, une fois refroidis, des surfaces lisseset non des amas chaotiques. Le magma dont elle provient a déjàperdu son gaz, le cône situé six cents mètres plus hautsur la fissure jouant le rôle de soupape de sûreté, peut-onpenser.
L'éruption du 28 septembre n'en finit donc pas de s'achever mêmesi des fluctuations dans le trémor observées hier pourraienten être annonciatrice. Mais ce ne serait pas la première foisque le volcan délivre des signes trompeurs
F. M.-A.
Lundi 18 Octobre 1999