Volcan : A 1 850 mètres d'altitude, près
du rempart SUD
Nouvelle coulée dans l'enclos
Le Piton de la Fournaise semblait avoir retrouvé son calme dimanche
après le regain d'activité survenu au cours de la nuit de
jeudi à vendredi derniers. Mais l'éruption n'en est pas pour
autant terminée.
En raison du mauvais temps, aucune reconnaissance du volcan n'avait été
possible depuis vendredi, depuis la réactivation de la partie haute
de la fissure de l'éruption du 28 septembre, sur le flanc sud du
cratère Dolomieu, vers 2 500 mètres d'altitude. On avait pu
observer deux cônes contigus en activité émettant des
projections sans coulée mais cette phase ne s'était pas prolongée
au-delà du milieu de l'après-midi.
Après de nombreuses fluctuations, le trémor avait retrouvé
un niveau très faible samedi, qui avait permis la réouverture
de l'enclos au public le soir-même. Mais personne ne savait en réalité
à quoi avaient correspondu ces péripéties.
La réponse est venue hier matin lorsque, au cours d'un survol, l'observatoire
volcanologique a découvert une coulée très loin dans
le sud de l'enclos, longue d'environ 500 à 600 mètres pour
une largeur de quelques dizaines de mètres tout au plus. La source
en est une ouverture située au pied du cratère de Villèle
(né d'une des éruptions de 1972), à 750 mètres
du rempart, à mi-chemin exactement entre le Piton de Bert et le Nez
coupé du Tremblet, à 1 850 mètres d'altitude. Elle
a laissé échapper des coulées lisses, complètement
dégazées, comme en témoigne l'absence de projections
aux abords du point d'émission. Leur surface, figée, était
encore chaude hier matin et les scientifiques ont même pu voir de
la lave s'écouler.
Reste à interpréter ce nouvel épisode, dont nul ne
sait quand il s'est joué exactement. Le réseau de surveillance
de l'observatoire n'a rien enregistré au cours du week-end qui permette
de parler d'une "nouvelle éruption".
Or, la lave est pourtant sortie dans une zone et à une altitude très
différentes de celles de la fissure du 28 septembre : 2,5 kilomètres
plus au sud et au moins 500 mètres plus bas, et dans un axe différent.
Ces conditions, ajoutées à celles décrites plus haut,
ne sont pas sans offrir des similitudes avec la sortie de lave hors enclos
du 10 mars 1998, en contrebas du Nez coupé de Sainte-Rose, dans les
hauts de Bois-Blanc, passée elle aussi quasiment inaperçue
sur le réseau de surveillance de la Fournaise.
Sauf que ce week-end, la lave est sortie du "bon" côté,
à l'intérieur - bien que très près - du rempart
de l'enclos.
François Martel-Asselin
Mardi 12 Octobre 1999