Le Journal de L'Ile de la Réunion27 Juillet 1998

Volcan

Depuis ce week-end, la lave s'épanche à nouveau dans le Grand-Brûlé (notre édition d'hier). De longues coulées dévalent les grandes pentes situées en-dessous de la Plaine des Osmondes avant de mourir lentement sur la déclivité plus atténuée qui mène en deux kilomètres et demi à la route nationale 2. Des milliers de voitures ont circulé hier au pied du volcan, participant au monstrueux embouteillage de la fin d'après-midi entre Saint-Benoît et Saint-André. Et vous avez été encore des centaines au moins à vous lancer sur le sentier qui prend naissance au-dessus du parking de la Vierge au parasol.

Marcheurs avertis ou simples curieux, parfois, démunis du strict nécessaire - chaussures et non sandalettes, eau - sans lequel ce qui paraît à beaucoup une simple balade peut mal tourner. Ce n'est pas la maman de la petite Johanna - un mois ! - qui démentira. Rencontrée en fin de matinée assise sur une roche à mi-parcours, son nouveau-né dans les bras, elle a heureusement compris qu'il était plus sage de faire demi-tour.
Le spectacle des longs filets rouge vif, ondulant et se chevauchant sur les pentes abruptes du volcan, au-dessus du Trou Caron, a attiré toujours plus haut les plus courageux: il fallait, après environ une heure sur le sentier qui mène au front des coulées maintenant refroidi, monter encore trois quarts d'heure directement sur la lave des dernières semaines pour atteindre les premières coulées de graton à 500 mètres d'altitude, au niveau du Trou de Sable (voir la carte IGN au 1/25000). Un peu plus haut (moins de 600 mètres), on pouvait admirer de belles coulées fluides en terrain un peu chaud toutefois.

Prudence donc, ne sous-estimez pas la difficulté de cette randonnée sur les coulées. Prévoyez de l'eau en quantité suffisante et n'oubliez pas de vous alimenter. Côté vestimentaire, évitez avant tout de marcher torse nu comme la chaleur vous y invite peut-être et portez un pantalon et des gants pour éviter les dégâts en cas de chute.
Texte et photos:
François Martel-Asselin


Suite