Le Journal de L'Ile de la Réunion27 Juillet 1998


Pompiers et gendarmes mobilisés au volcan

Une nuit d'angoisse dans le Grand-Brûlé

Victime d'un malaise, une randonneuse d'une trentaine d'années a passé des heures difficiles sur les coulées du volcan avant d'être hélitreuillée hier matin.

Il était environ 1 heure du matin dimanche lorsque les sapeurs-pompiers recevaient une demande d'assistance en faveur d'une personne en difficulté sur les récentes coulées du volcan, dans le Grand-Brûlé, au-dessus de la Vierge au parasol. L'alerte avait pu être donnée, non sans difficulté et retard: le téléphone portable n'est pas utilisable dans cette région de "zone d'ombre" et le sentier, de nuit, n'est guère aisé. Or, dans de telles conditions, la victime se trouvait au bas mot à une heure et demie de marche de la RN 2.
A la demande du Samu, qui a pour mission de réguler les opérations de secours nécessitant une assistance médicale, deux sapeurs-pompiers de Saint-Benoît se mettaient en route sur le sentier qui permet de rejoindre les coulées, avant de devoir progresser ensuite sur les coulées refroidies elles-mêmes. Arrivés à une altitude estimée à 500 mètres, ils atteignaient leur but: son mari et plusieurs autres personnes entouraient une jeune femme inconsciente, âgée d'une trentaine d'années et domiciliée dans le sud de l'île. La veille au soir, ils avaient entrepris d'atteindre le front des coulées actives, situé un peu plus haut, mais elle avait été victime d'un malaise prolongé et suffisamment inquiétant.

PAS DE MÉDECIN AUPRÈS DE LA VICTIME

Le reste de la nuit n'aura pas été facile pour la randonneuse et ses accompagnateurs, volontaires ou involontaires. Vers 7h30, l'arrivée de l'Alouette bleue de la gendarmerie nationale l'a finalement délivrée de ce mauvais pas. Entre-temps, quelque peu remise, elle avait déjà entrepris, soutenue par son mari, le parcours de descente vers la Vierge au parasol, qui aurait pu durer très longtemps. Un médecin du Samu hélitreuillé sur le site - en raison de l'impossibilité de tout poser - lui a tout d'abord fourni des sachets de sucre pour reprendre des forces avant de décider son transfert vers le CHD de Bellepierre pour un examen de routine afin qu'elle puisse regagner son domicile en toute sécurité. La randonneuse, victime vraisemblablement d'une sévère hypoglycémie la veille au soir, a ensuite gagné l'hélicoptère grâce au treuil, non sans appréhension, rassurée toutefois par le gendarme du peloton de haute montagne (PGHM) qui l'a équipée du harnais nécessaire à l'opération, tandis que ses proches et les deux pompiers bénédictins regagnaient à pied leurs véhicules à la RN 2.
L'aventure semble s'être conclue plutôt bien pour la jeune femme, mais on peut s'interroger sur les raisons de l'absence de toute assistance médicale au cours de cette nuit de samedi à dimanche. Par ailleurs, les deux sapeurs-pompiers envoyés auprès de la victime ne disposaient d'aucun équipement ni de moyens de liaison radio. Ils ont appris par les bons soins de randonneurs l'arrivée prochaine de l'hélicoptère, information transmise par leurs collègues arrivés avec un VSAB à la Vierge au Parasol sur le coup de 6 heures du matin.
F. M.-A.
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* Les gendarmes du PGHM ont dû procéder hier midi à une seconde évacuation, à Roche-Plate Saint-Joseph (rivière des Remparts) où une personne victime d'un sérieux malaise a été transférée vers l'hôpital de Terre-Rouge. 


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