Il est 8 heures hier matin lorsque deux randonneurs donnent l'alerte
: leurs deux compagnons partis avec eux à la découverte des
dernières coulées du volcan ne sont pas encore de retour
au Pas de Bellecombe qu'ils ont eux-mêmes regagné au cours
de la nuit. Les secours se mettent aussitôt en place. Une colonne
de dix gendarmes des brigades de la Plaine-des-Cafres, de Saint-Paul, du
peloton de haute montagne (PGHM), de la brigade héliportée,
ainsi que le commandant-adjoint de la compagnie de Saint-Pierre, le major
Paillaud, se met en route pour l'éruption. Les deux randonneurs
"perdus" ont en effet fait part à leurs camarades de leur
intention de contourner le Piton Kapor en éruption pour atteindre
le cratère Magne dont le sentier d'accès a été
barré par les coulées des jours derniers (voir notre édition
de dimanche). Le dispositif de recherche est complété par
l'hélicoptère de la gendarmerie qui, malheureusement, en
raison d'un plafond trop bas, ne pourra être véritablement
utile.
Les quatre randonneurs, âgés de 24 à 28 ans, étaient
partis la veille au soir. Deux ayant donc voulu pousser plus loin leur
exploration, les deux autres avaient décidé de s'en retourner
et de les attendre au parking du Pas de Bellecombe. C'est ainsi que ces
derniers ont donné l'alerte, ne les voyant pas revenir à
une heure assez avancée par rapport à celle fixée.
C'est alors qu'une deuxième colonne de vingt-cinq militaires se
préparait à rejoindre la première qu'une information
les avertissait de leur retour chez eux, à Saint-Denis. L'opération
prenait fin sans qu'on sache comment les deux randonneurs avaient pu rejoindre
leur domicile sans être remarqués par leurs compagnons.
Ce malentendu est l'occasion de rappeler aux randonneurs qu'en cas de modification
de leur programme, ils doivent au plus vite tenter d'avertir ou de faire
avertir compagnons de route ou proches de manière à éviter
toute inquiétude inutile et toutes recherches intempestives. Mobiliser
inutilement des moyens de secours pourrait être préjudiciable
à d'autres victimes d'accidents réellement dans le besoin.