Le Journal de L'Ile de la Réunion27 Avril 1998


Recherches pour rien au volcan

Alors que l'éruption du Piton de la Fournaise entre aujourd'hui dans sa huitième semaine, un malentendu est à l'origine du déclenchement, hier matin, d'une opération de recherches dans l'enclos, dans le secteur du Piton Kapor tandis que les marcheurs supposés perdus étaient tranquillement rentrés chez eux

Il est 8 heures hier matin lorsque deux randonneurs donnent l'alerte : leurs deux compagnons partis avec eux à la découverte des dernières coulées du volcan ne sont pas encore de retour au Pas de Bellecombe qu'ils ont eux-mêmes regagné au cours de la nuit. Les secours se mettent aussitôt en place. Une colonne de dix gendarmes des brigades de la Plaine-des-Cafres, de Saint-Paul, du peloton de haute montagne (PGHM), de la brigade héliportée, ainsi que le commandant-adjoint de la compagnie de Saint-Pierre, le major Paillaud, se met en route pour l'éruption. Les deux randonneurs "perdus" ont en effet fait part à leurs camarades de leur intention de contourner le Piton Kapor en éruption pour atteindre le cratère Magne dont le sentier d'accès a été barré par les coulées des jours derniers (voir notre édition de dimanche). Le dispositif de recherche est complété par l'hélicoptère de la gendarmerie qui, malheureusement, en raison d'un plafond trop bas, ne pourra être véritablement utile.
Les quatre randonneurs, âgés de 24 à 28 ans, étaient partis la veille au soir. Deux ayant donc voulu pousser plus loin leur exploration, les deux autres avaient décidé de s'en retourner et de les attendre au parking du Pas de Bellecombe. C'est ainsi que ces derniers ont donné l'alerte, ne les voyant pas revenir à une heure assez avancée par rapport à celle fixée.
C'est alors qu'une deuxième colonne de vingt-cinq militaires se préparait à rejoindre la première qu'une information les avertissait de leur retour chez eux, à Saint-Denis. L'opération prenait fin sans qu'on sache comment les deux randonneurs avaient pu rejoindre leur domicile sans être remarqués par leurs compagnons.
Ce malentendu est l'occasion de rappeler aux randonneurs qu'en cas de modification de leur programme, ils doivent au plus vite tenter d'avertir ou de faire avertir compagnons de route ou proches de manière à éviter toute inquiétude inutile et toutes recherches intempestives. Mobiliser inutilement des moyens de secours pourrait être préjudiciable à d'autres victimes d'accidents réellement dans le besoin.


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