25
Aout 1998
UNE LANGUE DE LAVE DÉVALE LE REMPART DE BOIS-BLANC
À HAUTEUR
DU TROU CARON
Une coulée rejoint l'enclos

L'éruption, qui a débuté le 9 mars dernier au Piton
Kapor, aura été décidément riche en rebondissements.
Cantonnées dans un premier temps à l'enclos, des coulées
se sont épanchées depuis le 8 août hors enclos. Une
reconnaissance menée dimanche en fin de matinée en hélicoptère
par la gendarmerie a permis d'apercevoir une langue de lave dévalant
la pente à hauteur du Trou Caron, atteignant le fond de l'enclos
et poursuivant sa course jusqu'à 650 m d'altitude.
Les médiocres conditions météorologiques, prévalant
depuis la fin de la semaine dernière sur le massif du Piton de la
Fournaise et plus particulièrement sur le rempart de Bois-Blanc,
compliquent la tâche des scientifiques de l'Observatoire.
Hier matin, la couverture nuageuse n'a pas permis une reconnaissance
aérienne et à fortiori un posé sur place des volcanologues.
"Nous avons tenté une approche à pied, confie l'un d'entre
eux, mais le mauvais temps et le terrain difficile nous ont contraints
à rebrousser chemin".
Les dernières observations précises ont été
conduites dimanche en fin de matinée par l'Alouette III de la Gendarmerie
nationale. Une langue de lave, partie du sommet du rempart à hauteur
du Trou Caron vers
1 100 m, a dévalé la pente pour atteindre le fond de
l'enclos 750 m en contrebas. D'après l'Observatoire, la coulée
assez fluide a poursuivi sa course et se trouvait dimanche vers midi aux
alentours de 650 m d'altitude.
En revanche, la situation semblait être stabilisée sur
l'autre front de coulée descendant vers le Piton Nelson et Bois-Blanc.
A cet endroit, la lave apparaît figée dans sa progression.
Le niveau du lac de lave à l'intérieur du Piton Kapor
est remonté. Des projections, seulement visibles lors de survols
à l'aplomb, se produisaient dimanche.
Il est pratiquement impossible d'approcher à pied le Trou Caron.
Le terrain est à cet endroit particulièrement pourri. La
végétation est très haute, le sol très humide
est boueux. "Par endroit, confirme un scientifique de l'observatoire qui
a tenté hier de se rendre sur place, on s'enfonce jusqu'aux genoux
dans la boue. Il existe par ailleurs des fissures parfois masquées
par la voune. A cela s'ajoutent les mauvaises conditions atmosphériques".
Les conseils de prudence valent également pour le sentier de la
Cage aux Lions où il est fortement déconseillé de
s'engager.
Par contre, si la coulée le long du rempart du Trou Caron se
poursuit, il doit être possible de nuit de l'observer depuis la route
nationale au-delà de la Vierge au Parasol en direction du rempart
du Tremblet en profitant des trouées dans la végétation.
Alain Dupuis