
A DOS D'HOMMES
Les gendarmes de la Plaines-des-Cafres étaient aussitôt
prévenus mais en attendant qu'ils arrivent, quatre des personnes
se trouvant au gîte partaient à la rencontre des personnes
naufragées du volcan sur les indications des deux rescapés.
Une petite heure plus tard, ells en retrouvaient une à un quart
d'heure de marche de l'extrémité de la piste conduisant au
piton Partage, en direction du Nez Coupé de Sainte-Rose. Il s'agissait
d'un jeune homme de 25 ans, Jean-François G., demeurant Sainte-Clotilde,
de corpulence assez frêle. Il était inconscient et son corps
paraissait avoir une température nettement en dessous de la normale.
Sachant que les gendarmes n'allaient pas tarder à arriver, et qu'ils
allaient pouvoir poursuivre les recherches, ils décidaient de prendre
en charge ce premier blessé en le ramenant à dos d'homme,
en se relayant, jusqu'au gîte du Pas-de-Bellecombe. Ils croisaient
entre temps les gendarmes qui, au vu de l'état du jeune homme, décidaient
de faire monter le SMUR.
Les sapeurs-pompiers du Tampon étaient eux aussi entre temps
arrivés. En attendant l'équipe médicale, les secouristes
qui entouraient le blessé le réchauffaient et, à plusieurs
reprises, devaient le ranimer car il tombait en arrêt cardio-respiratoire
momentané.
Pendant ce temps, les trois gendarmes de la Plaine-des-Cafres, dont
le commandant de brigade et un gendarme spécialiste haute montagne,
étaient partis récupérer le second qu'ils trouvaient
allongé dans une flaque d'eau résultant des fortes pluies
qui se sont abattues sur la région, quasiment inanimé, presque
gelé. Ils le prenaient à plusieurs et le transportaient sur
plus de 250 mètres avec beaucoup de difficulté compte tenu
de son poids plus imposant que celui de la précédente victime,
jusqu'à leur voiture 4x4 restée au Piton Partage. Pendant
le trajet de retour, ils le réchauffaient, mais le père restait
dans un état de semi-conscience. Arrivé au gîte, il
était à son tour pris en charge par les médecins du
SMUR. Tout deux étaient alors transportés dans un état
sérieux d'hypothermie, la température du corps du jeune homme
étant descendue jusqu'à 25°. Il était placé
en réanimation dans le service de neurologie. Dans l'après-midi,
les deux hommes recevaient la visite du supérieur de la résidence
des jésuites. Aux dernières nouvelles, leur vie ne serait
plus considérée comme étant en danger.
Les quatre hommes avaient quitté Saint-Denis la veille en début
d'après-midi avec l'intention de se rendre au pied de la coulée
dans l'enclos. Ils arrivaient aux environ de 18 heures au Pas-de-Bellecombe
et entreprenaient la descente. Mais devant les mauvaises conditions atmosphériques,
de la pluie, du vent et le froid (une température aux alentours
de zéro), les difficultés de la marche et la visibilité
presque nulle, Ils décidaient de rebrousser chemin. Arrivés
sur le plateau, plutôt que de prendre à gauche pour s'en retourner
en direction du gîte, ils prenaient à droite en direction
du piton Partage qu'ils doublaient sans s'en apercevoir. Voyant la nuit
tomber et commençant à être transis de froid, ils se
réfugiaient dans un petit bosquet en attendant le jour. C'était
à proximité du Nez Coupé de Sainte-Rose. Deux sont
restés éveillés et dans un sursaut d'énergie
ont réussi à regagner le gîte pour donner l'alerte,
mais les deux autres se sont progressivement engourgis, jusqu'à
perdre conscience.