
Le directeur de l'observatoire volcanologique avait mis en garde le
public, comme le Journal de l'île s'en faisait l'écho dès
vendredi: le Piton Kapor, dernier cône encore en activité
de l'éruption du 9 mars, présentait des risques d'effondrement.
Une information que répercutait la préfecture dans un communiqué
publié le même jour (notre édition d'hier samedi).
Eh bien, un pan du cône du Piton Kapor a bien cédé
dans la nuit de vendredi à samedi, donnant naissance à une
nouvelle coulée.
Les fissures constatées sur un bord du cône par Thomas Staudacher
trahissaient bien un point de faiblesse. Heureusement, aucun visiteur ne
se trouvait à ce moment-là sur le cône en activité.
Le lac de lave qui bouillonnait à l'intérieur du cratère
s'est déversé progressivement, entraînant les matériaux
qui constituaient ce bord du cône. Une coulée s'est formée,
se dirigeant au nord vers le Piton de Partage et coupant le sentier balisé
qui mène au cratère Magne, brûlant vifs au passage
les branles qui peuplent les coulées anciennes.
Les visiteurs trouveront donc le paysage sensiblement modifié. Hier,
peu de visiteurs se sont rendus dans l'enclos, sans doute tenus à
distance par le mauvais temps qui régnait sur le sud et la Plaine-des-Cafres.
Pourtant, il a fait beau au volcan hier depuis la fin de matinée
jusque tard dans l'après-midi au moins !
Quant au renouvellement du balisage et aux pancartes de mises en garde
annoncées dans le communiqué officiel, personne n'en a vu
même l'ombre hier.
François Martel-Asselin